jeudi 10 décembre 2009

Prochaine crise financière mondiale : alerte des politiciens allemands


Dans les hautes sphères du milieu politique allemand, la crainte d’un second krach financier international, dépassant en intensité et en impact celui de l’automne 2008, augmente de jour en jour.

La chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, (tous deux de l’Union chrétienne-démocrate, CDU) ont mis en garde : la crise économique est loin d’être terminée. « Nous avons tout d’abord réussi à limiter les effets de la crise sur les gens, mais le plus dur est à venir, » a dit Merkel au cours d’une réunion du CDU.

L’énorme bulle spéculative qui s’est formée sur les marchés d’actions au cours de ces huit derniers mois, est considérée être le plus gros facteur de risque d’un nouveau krach. Les indices boursiers les plus importants, le Dow Jones, le Nikkei japonais et le DAX allemand, ont grimpé de 50 à 60 pour cent depuis mars. Les cours du pétrole brut, du cuivre et d’autres matières premières, ont plus que doublé. Ces énormes augmentations ne sont fondées sur aucune croissance économique correspondante. Au contraire : l’activité économique a chuté dans de nombreux pays et de nombreuses entreprises affichent encore des pertes.

Schäuble a comparé la présente crise financière, à la chute du Mur de Berlin vingt ans plus tôt. « La crise financière changera le monde aussi profondément que le fit la chute du Mur de Berlin. L’équilibre entre les États-Unis, l’Asie et l’Europe est en train de se déplacer radicalement, » a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag. Il a également appelé les banquiers à faire preuve de retenue dans le versement des bonus.

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a émis des craintes quant à un effondrement social en cas d’une nouvelle série de faillites bancaires. « Il est certainement trop tôt pour dire que la crise est finie, » a-t-il déclaré lors d’un congrès bancaire à Francfort, en ajoutant l’avertissement : « Nos démocraties n’accepteront pas une seconde fois de voler au secours de l’économie financière avec l’argent des contribuables. »

La montée des cours est due à la quantité énorme de liquidités que les gouvernements et les banques centrales ont injectée dans l’économie. Les institutions financières sont en mesure d’emprunter, à taux d’intérêt quasi zéro, des sommes d’argent illimitées auprès des banques centrales, et de réaliser ainsi des gains spéculatifs considérables. De même, les milliers de milliards provenant de l’argent des contribuables et qui ont été dépensés pour renflouer l’économie, ne sont pas utilisés pour des investissements, mais sont destinés à des activités spéculatives, à l’octroi de dividendes élevés aux actionnaires et au versement de bonus exorbitants aux banquiers.

« Les cours boursiers grimpent, parce que l’argent doit aller quelque part, et non pas parce que les actions en soi sont considérées comme attractives, » écrit l’hebdomadaire économique allemand Wirtschaftswoche, dans son analyse de l’actuel essor boursier. Selon le magazine, le price earning ratio (PER), le rapport du cours d’une action au bénéfice par action d’une entreprise d’un secteur donné, a atteint un maximum historique de 133. A partir d’un PER de 14 ou plus, l’on estime que les actions sont surévaluées.

Les conséquences de la crise font que des centaines de milliers de travailleurs, rien qu’aux États-Unis, perdent leur emploi tous les mois, que les travailleurs sont obligés de subir des pertes de salaires et que les programmes sociaux sont réduits à grande échelle. Dans le même temps, les orgies d’enrichissement, en haut de l’échelle sociale, ont atteint le même niveau qu’avant la crise, voire même un niveau bien supérieur.

Les grandes banques d’investissement et les fonds spéculatifs débourseront, cette année, plus de 100 milliards de dollars de bonus pour leur personnel. Goldman Sachs, la banque américaine, a mis de côté 17 milliards de dollars à cette fin. En Allemagne, les 30 plus grandes entreprises cotées au DAX projettent de transférer au printemps 2010 plus 20 milliards d’euros à leurs actionnaires. Ce qui représente 71 pour cent de leurs bénéfices nets. Lors de l’année record précédente, en 2007, ce chiffre avait seulement été de 45 pour cent. En conséquence, il en restera d’autant moins pour de nouveaux investissements.

Telle est la toile de fond des avertissements émis par Merkel, Schäuble et Trichet. Ils craignent que l’enrichissement impudent de l’oligarchie financière, en corrélation avec une nouvelle crise sur les marchés financiers, ne déclenche une rébellion sociale incontrôlable.

De nombreux analystes considèrent qu’un autre krach financier est inévitable. Le numéro de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel de cette semaine a annoncé en couverture en style bande dessinée un article intitulé: « La bombe à milliards. » L’article de douze pages commence en faisant remarquer que la question n’est pas de savoir si l’actuelle bulle boursière va éclater, mais plutôt quand cela va se produire…

S’ensuit un tableau dévastateur de l’état actuel de la société capitaliste : « En plein milieu d’une économie mondiale encore frappée par la crise, l’élite financière est à nouveau en train d’engranger des milliards, » peut-on lire dans l’article. « La vieille cupidité est de retour et les vieux hybrides aussi. » Jamais auparavant dans l’histoire économique moderne, « l’industrie financière n’avait eu droit à un accès aussi libre aux finances de l’État. » Der Spiegel met en garde expressément contre le « risque d’une hyperinflation, une dépréciation ultra rapide de la monnaie, comme l’avait connue l’Allemagne au début des années 1920. »

Parallèlement, en citant Adair Turner, le président de l’Autorité britannique des services financiers, l’article souligne les effets idéologiques de la crise. Il n’est pas seulement question d’une crise de banques individuelles, mais aussi d’une crise de « la pensée intellectuelle » : « Notre conception que les prix véhiculent d’importantes informations, que les marchés se comportent rationnellement en se corrigeant eux-mêmes en cas d’irrationalité, tout cela a été remis en question. »

Der Spiegel dirige sa principale attaque contre le gouvernement américain. « L’industrie financière, aux États-Unis, est régulée par l’industrie financière, et pas par le ministre des Finances [secrétaire au Trésor], » se plaint-il, en énumérant de nombreuses personnalités dont les carrières ont commencé dans la haute hiérarchie de banques, telles Goldman Sachs, pour les mener à des postes dans la haute hiérarchie du secrétariat au Trésor, ou dans le proche entourage du président Barack Obama, pour ensuite faire le parcours inverse. « Si l’on regarde les États-Unis avec la même froideur analytique que la Russie, » observe l’article en citant l’économiste américain James Galbraith, « l’on ne pourrait s’empêcher de parler du pouvoir d’un oligopole constitué de politiciens et de banquiers. Les puissants individus à Wall Street ou à Washington ne sont pas moins interconnectés que le sont le premier ministre Vladimir Poutine et les magnats industriels qui contrôlent l’empire russe des matières premières. »

Der Spiegel parle au nom de cette section de l’élite dirigeante allemande qui veut mettre fin, aussi vite que possible, aux mesures inflationnistes du financement de l’État et de la politique de l’argent bon marché, en plaidant au contraire pour une baisse de la taxe professionnelle et des économies budgétaires drastiques. Bien que ceci entraînerait un démantèlement substantiel des programmes sociaux et un accroissement à court terme du nombre de faillites bancaires et de licenciements, cela passe pour un moindre mal, par rapport à un soudain effondrement de l’économie et à ses conséquences sociales incalculables.

En essence, l’attitude de Der Spiegel correspond à celle du gouvernement de Berlin. La coalition sortante entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates avait déjà fait inscrire un « frein à l’endettement » dans la Constitution, peu de temps avant les élections législatives de septembre, qui oblige à présent le nouveau gouvernement à suivre la voie d’une politique d’austérité draconienne. Le nouvel endettement de l’État, qui s’élève actuellement à 86 milliards d’euros, doit être réduit à 10 milliards d’ici 2016. Le ministre des Finances Schäuble a souligné, à maintes reprises, vouloir appliquer le frein à l’endettement et respecter le pacte de stabilité de l’Union européenne limitant la dette publique à trois pour cent du Produit intérieur brut.

Mais, diverses pressions politiques intérieures et extérieures font que l’application de cette politique d’austérité sera retardée d’environ un an. La chancelière Merkel craint une érosion plus grande du soutien du CDU et la perte de sa majorité gouvernementale au Bundesrat (la chambre haute du parlement allemand), si elle appliquait immédiatement après les élections des coupes sociales. Au niveau international, il existe de sérieuses différences avec Washington et Londres, en matière de politique financière, qui avaient déjà provoqué des conflits lors du sommet du G20 à Pittsburgh.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont sacrifié une grande partie de leur base industrielle au secteur financier, ont beaucoup moins intérêt à une politique monétaire restrictive que l’Allemagne, dont l’économie d’exportation compte parmi les plus fortes du monde et qui redoute les effets d’un faible dollar sur sa compétitivité. La véhémence avec laquelle Der Spiegel attaque à présent le secteur financier américain, révèle l’acuité des tensions mutuelles, qui sont rarement abordées ouvertement.

Quelques idées de trading recommandées par Goldman Sachs pour 2010

Une des idées de trading consiste à vendre le forward starting variance swap Dec2010/Dec2011 sur le S&P 500 en ayant un objectif de 21 par rapport au niveau actuel de 28,20.

Selon Goldman Sachs, sur les niveaux actuels, les variance forward suggèrent que l’année 2010 serait aussi volatile que l’année 2009, alors que celle-ci a été la huitième année la plus volatile de l’histoire. Dans le même temps, les modèles de Goldman Sachs qui relient les analyses macroéconomiques à la volatilité des marchés actions, suggèrent que même en cas de lent redressement de l’économie, les volatilités devraient continuer à baisser. Alors que les volatilités à court terme demeurent relativement peu élevées, le skew positif de la structure par terme de la volatilité maintient des variance forward bien au dessus des niveaux sous lesquels elles devraient évoluer.

Une seconde idée de trading consiste à jouer le spread de crédit entre l’Espagne et l’Irlande. Goldman Sachs préconise de « shorter » la protection de crédit sur l’Irlande et d’acheter de la protection de crédit sur l’Espagne via les CDS 5 ans. Le spread cible est de 20 bps contre un écart actuel de 70.20 bps sur les CDS 5 ans.

Après une décennie de forte croissance, l’Espagne et l’Irlande ont été frappées par la même bulle immobilière. Goldman Sachs estime que grâce à une plus grande flexibilité de son marché de travail, l’Irlande est mieux armée que l’Espagne pour sortir plus rapidement de cette passe difficile. Selon la recherche de la banque américaine, les irlandais ont également montré plus de détermination que les espagnols à réduire leurs dépenses structurelles et la solution de « bad bank » choisie par l’Irlande pour nettoyer le bilan de ses banques parait plus rapide et plus efficace que l’approche choisie par l’Espagne.

Goldman Sachs recommande également un positionnement à la hausse sur les actions russes (RDXUSD) avec un objectif de 2,050 contre un niveau actuel de 1,645.9 ! La banque de Wall Street anticipe un redressement sensible du PIB russe qui pourrait passer de -9,5% en 2009 à +4,5% en 2010.

Par ailleurs, la forte exposition du marché russe au marché des commodities est susceptible de lui être très favorable avec un redressement des produits de cette classe d’actifs. D’autre part, les marchés russes ayant sous performé par rapport aux autres marchés émergents, la banque espère un phénomène de rattrapage et une hausse de 60% des revenus des sociétés russes.

Parmi les idées de trading sur devises, Goldman Sachs suggère d’être « long » sur la paire PLN/JPY, avec un objectif de 37,5 par rapport au niveau actuel de 32,1. La banque justifie cette stratégie par la solidité de la croissance polonaise tirée par un Zloty clairement sous-évalué, par une forte hausse des exportations ainsi que par une reprise en Allemagne. A l’opposé, la banque estime que le Yen est surévalué et que le nouveau gouvernement japonais inquiet des conséquences négatives de cette surévaluation devrait intervenir.

Dubaï, un empire sur le sable

A elles seules, les banques européennes auraient prêté 93 milliards de dollars à la cité-Etat.

La quasi-faillite de l'émirat marque la chute d'un modèle fondé sur la folie immobilière, l'hyperconsommation et le surendettement. Elle rappelle aussi que la crise n'est pas finie.

Les Dubaïotes vont devoir s'y faire : ils risquent de voir un peu plus rarement Kylie Minogue déambuler en robe moulante dans le fastueux hôtel Palm Atlantis, Paris Hilton faire bronzette sur les plages idylliques de Jumeira, ou Naomi Campbell célébrer en grande pompe son anniversaire dans un des hallucinants palaces de la cité-Etat.

Après quelques heures de panique financière, la semaine dernière, le carrosse de la princesse du désert est redevenu citrouille. En quasi-faillite, Dubaï, un des sept Emirats arabes unis, s'est montré incapable de rembourser les dettes - 59 milliards de dollars - accumulées par son principal conglomérat, Dubai World, qui a demandé un moratoire de six mois à ses créanciers. Plongeon des Bourses européennes, peur d'un effet domino sur les banques prêteuses : durant plusieurs heures, certains opérateurs ont cru revivre le cauchemar de Lehman Brothers, lorsque la planète finance s'est mise à trembler sur ses bases.

Le crash de l'émirat bling-bling, qui attirait en masse milliardaires russes, people californiens et ouvriers pakistanais, était pourtant prévisible. Le pays a construit une grande part de sa prospérité sur une gigantesque bulle immobilière : 40 % des mégagrues en activité dans le monde se trouvent concentrées dans cette bande de terre grande comme la Corse-du-Sud. Pendant des années, buildings futuristes, parcs d'attractions fantasmagoriques et centres commerciaux gigantesques surgissaient chaque jour des sables.

Les déboires de Dubaï font craindre d'autres faillites d'Etat

Comme toujours, le principe de réalité a fini par prendre sa revanche, brutalement. "Le marché immobilier de l'émirat est essentiellement spéculatif, témoigne un expatrié français. A partir de septembre 2008, les ventes sur plan se sont arrêtées, et les prix ont chuté de plus de 50 %." Aujourd'hui, l'émirat offre une image désolée, avec ses immeubles inachevés et ses nuées de grues immobiles.

Dubaï paie la folie des grandeurs de son émir-démiurge-architecte, le cheikh Mohammed al-Maktoum, qui a voulu que chaque nouvelle construction figure en bonne place dans le Livre des records. A l'image de Burj Dubai, la plus haute tour du monde (près de 1 kilomètre !) ou bien des Palm Islands, des îles artificielles prolongeant la côte de 100 kilomètres. La cité-Etat compte aussi le plus grand centre commercial du monde, le plus grand hôtel international... et même la plus grande station de ski couverte, dans un pays où la température dépasse parfois 50 degrés Celsius ! "Comme Dubaï dispose de ressources pétrolières et gazières limitées, il fallait trouver autre chose pour retenir l'attention du monde, et surtout des investisseurs", justifie ce même expatrié. Telle Schéhérazade, "Cheikh Mo", comme l'appellent les Occidentaux, avait chaque soir une histoire plus extraordinaire que celle de la veille à raconter à ses créanciers.

Les grandes banques internationales ont longtemps avalé ces contes de fées sans broncher. Au total, ce sont 93 milliards de dollars que les seuls établissements européens auraient prêtés aux Emirats arabes unis. Les plus impliqués sont les britanniques : HSBC est exposé à hauteur de 17 milliards de dollars, Standard Chartered, de 7,8 milliards. BNP Paribas est également concerné, pour 1,1 milliard de dollars. Des montants non négligeables, même si la secousse demeure finalement limitée.

Pour éviter une catastrophe, sauver le soldat Dubaï se révèle cependant incontournable. "L'émirat est "too big to fail" [trop gros pour qu'on le laisse faire faillite], analyse Razvan Petica, responsable de l'activité pays émergents chez Olympia Capital. On peut compter sur ses grands voisins, qui jouissent de la manne pétrolière, pour éviter une crise régionale." Le grand frère Abou Dhabi a déjà mis la main à la poche, alors que la Banque centrale des Emirats arabes unis a annoncé dimanche 29 novembre la mise à la disposition du pays de liquidités supplémentaires. Mais, en coulisses, palabres et négociations vont bon train. "Il est probable que l'aide apportée se traduise par une mise sous tutelle de Dubaï par Abou Dhabi", poursuit Razvan Petica.

Le crash ne sera pas non plus sans conséquences sur les économies occidentales : le pays est présent, via ses holdings, dans un grand nombre d'entreprises, des luxueux magasins new-yorkais Barneys au constructeur aéronautique EADS, qui compte également la compagnie aérienne de Dubaï, Emirates, parmi ses principaux clients.

Les déboires de l'émirat font surtout resurgir le spectre des faillites d'Etat, qui pourraient faire plonger l'économie mondiale dans une nouvelle zone de turbulences. Des pays comme la Grèce, l'Irlande ou l'Ukraine sont ainsi observés avec appréhension. "Après la crise financière et la crise économique, la crise des finances publiques pourrait constituer l'étape suivante, décrypte Pierre Cailleteau, chef économiste de Moody's. Mais les problèmes de Dubaï, qui demeure un cas très particulier, n'en sont pas forcément un signe avant-coureur." La secousse venue du Golfe devrait, selon toute probabilité, demeurer localisée. Pour tous ceux qui rêvaient de tourner la page, la chute de l'empire des sables n'en vient pas moins réveiller une crainte enfouie : et si la sortie de crise, elle aussi, n'avait été qu'un mirage ?

Les banques sont les plus grosses émettrices de gaz à effet de serre

C’est le résultat surprenant de l’étude « Entreprises et changement climatique » publiée cette semaine par le WWF et l’agence de notation extra-financière Vigeo. Les deux organismes soulignent la nécessité pour les entreprises françaises de prendre en compte l’ensemble de leurs émissions, directes et indirectes, afin de parvenir à une vraie politique environnementale.

Les banques et assurances, principales émettrices de gaz à effet de serre (GES) en France ? La conclusion du bilan du rapport « Entreprises et changement climatique » publié mardi par le WWF et Vigeo a de quoi interpeler.

«Tout le monde s’excite autour de ce résultat mais il est tout à fait normal compte tenu de la méthodologie employée. Nous avons pris en compte les émissions directes et indirectes de chaque secteur. Comme les banques et assurances financent pratiquement l’ensemble de l’économie, il est normal qu’elles arrivent en tête», souligne Julia Haake, directrice des partenariats entreprises au WWF.

Le reste du classement est plus attendu : dans l’ordre décroissant d’émissions de GES, on retrouve l’aéronautique civile, l’industrie pétrolière, celle du gaz naturel, la sidérurgie, la production d’électricité, l’automobile, la chimie, les matériaux de construction, la grande distribution et enfin le BTP.

Peu importe le classement

L’objectif du rapport n’est pas de stigmatiser tel ou tel secteur mais plutôt de définir quelles sont les pistes d’amélioration pour une économie plus sobre en carbone. Pour chaque secteur étudié, WWF et Vigeo effectuent un état des lieux des efforts réalisés et de ceux qu’il reste à faire.

«Les entreprises sont aujourd’hui focalisées sur leurs émissions directes sous prétexte qu’elles n’ont pas de marge de manœuvre sur les émissions induites, mais c’est faux. C’est précisément le but de notre rapport que de leur donner des pistes de réduction de ces émissions»,précise Julia Haake.

Par exemple, dans le secteur bancaire, le WWF a noué un partenariat avec les Caisses d’Epargne qui consiste en un « étiquetage carbone » des produits de la banque. Livrets d’épargne, OPCVM, assurance-vie ou prêt : l’intensité carbone de chaque produit peut-être calculée en fonction des activités qu’il finance.

Au final, selon Julia Haake, les entreprises doivent prendre en compte l’impact de leur activité en amont (choix des fournisseurs, énergie et ressources consommées, etc) et en aval (distribution, cycle de vie des produits, activités induites).

François Schott