jeudi 26 février 2009

BERD - Perte de E602 mlns en 2008 avec la chute des Bourses

La Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement a enregistré une perte de 602 millions d'euros en 2009 contre un bénéfice net de 1,9 milliard d'euros en 2007 en raison de la chute des Bourses émergentes.

La perte "résulte principalement de moins-values non matérialisées sur le portefeuille actions de la BERD, dont la valeur a baissé avec la chute des Bourses mondiales", écrit la banque dans un communiqué.

Cette perte, la deuxième enregistrée par la BERD depuis sa création en 1991, reflète les difficultés rencontrées par les économies des pays dans lesquels elle intervient.

L'indice MSCI Global des marchés émergents .MSCIEF a chuté de 55% en 2008 tandis que celui des pays d'Europe de l'Est MIEE00000PUS a plongé de 57%.

La BERD, créée pour faciliter la transition des anciene pays du bloc communiste d'Europe de l'Est vers l'économie de marché, investit principalement dans le secteur privé.

Sur les 5,1 milliards d'euros investis dans cette zone l'année dernière (contre 5,6 milliards en 2007), 36% ont bénéficié à la Russie et 6% aux pays de l'Est qui ont rejoint l'UE.

Les investissements dans les Balkans ont progressé de 16% à 534 millions d'euros et ceux dans les pays en "phase initiale de transition" comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kirghizistan, la Moldavie, la Mogolie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan ont augmenté de 14% à 586 millions d'euros.

La BERD doit investir sept milliards d'euros cette année afin de limiter les conséquences du ralentissement économique mondial. Elle devrait consacrer 3 milliards d'euros au secteur bancaire et financier en difficulté, 2,5 milliards d'euros aux infrastructures et à l'énergie et 1,5 milliard aux entreprises.

Pour financer ce programme, la banque prévoit d'emprunter jusqu'à 4 milliards d'euros cette année dont la moitié a déjà été levée, a précisé le vice-président de l'institution en charge des Finances, Manfred Schepers.

 La BERD a mis en place une nouvelle facilité de financement de 250 millions d'euros pour soutenir environ 25 entreprises de taille moyenne qui ont déjà bénéficié de ses concours.

La BERD a précisé être en discussion avec d'autres prêteurs internationaux au sujet du plan de sauvetage de 25,1 milliards de dollars orchestré par le FMI pour la Hongrie.

"Les problèmes au sein de la région sont intimement liés à ceux du reste de l'Europe et la solution réside dans une réponse coordonnée des autorités nationales et des institutions financières internationales", a déclaré le président de la BERD Thomas Mirow dans un communiqué.

La BERD est contrôlée par 61 pays actionnaires, la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement.

Ses fonds propres libérés ou pouvant être appelés atteignaient 26,3 milliards de dollars à la fin 2008 pour des engagements de prêts et un portefeuille titres de 15,1 milliards d'euros.

(Carolyn Cohn, version française Marc Joanny)  

Russie : une économie en perdition

Le ministre de l'économie russe vient d'annoncer que le PIB national a chuté de 8,8 % en janvier, soit bien plus que ce qui était attendu. On rappelle que le ministère prévoyait une baisse de 2,2 % en 2009. Pourtant, ce revers n'est pas une surprise. Au cours du mois dernier déjà, la production industrielle s'effondrait de 16 % sur un an pendant que les mises en chantier reculaient de 17 %. Tout le monde parle désormais de la crise la plus sévère de l'économie russe. Celle-ci reste pénalisée par la chute du cours des matières premières. Sans véritable support au niveau des fondamentaux, le rouble cède de sa valeur face a presque toutes les devises ? ses pertes sont désormais de 21 % face au dollar depuis le début de l'année. Les actions à Moscou dévissent quant à elles de 17 %. Afin de limiter la casse, le gouvernement implémente des baisses d'impôts, notamment via une réduction de la fiscalité des entreprises. Une enveloppe budgétaire de 50 milliards de roubles a été déployée ; une partie sera utilisée afin de prévenir des faillites dans le complexe militaro-industriel. Une augmentation des retraites et de l'indemnité chômage devrait voir le jour en 2009. Pendant ce temps, la banque centrale fait tourner la planche à billets. Au final, il apparaît que le système bancaire sert plus aujourd'hui à accumuler des dollars plutôt qu'à offrir des solutions de financement à une industrie à la peine. Dans ces conditions, tout rebond des valeurs russes semble prématuré.

FMI : Nouveau financement et priorité à l'assainissement des banques

Mettant en garde contre les graves retombées de la crise financière mondiale sur les pays émergents et à faible revenu, le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclare miser sur un doublement des ressources du FMI, à 500 milliards de dollars EU, et remercie les autorités japonaises pour avoir donné le ton en apportant 100 milliards de dollars EU. 

Répondant aux questions de la presse à l'issue de la rencontre du Groupe des Sept principaux pays industrialisés (G-7) tenue à Rome les 13 et 14 février derniers, M. Strauss-Kahn a rappelé que les pays industrialisés traversaient une grave récession et que celle-ci allait bientôt entraîner le reste du monde. 
Il a précisé que pour combattre la crise financière mondiale, outre les plans de relance programmés, il faudra impérativement restructurer les banques en difficulté et assainir le secteur financier. 
Dans un communiqué, les ministres du G-7 ont manifesté leur détermination à agir de manière concertée pour relancer l'économie mondiale et l'emploi et renforcer le secteur financier tout en rejetant les appels au protectionnisme. La rencontre du G-7 coïncidait avec le vote du Sénat des États-Unis en faveur d'un plan de relance de 787 milliards de dollars EU que le Président Barack Obama pourra désormais promulguer. 

Élargir les ressources du FMI 
Les ministres ont appuyé une proposition visant à accroître les ressources mises à la disposition du FMI pour aider les pays touchés par la crise, signalant dans leur communiqué : «Nous convenons qu'un FMI réformé, doté de ressources additionnelles, est crucial pour réagir de manière efficace et adaptée à la crise actuelle». 
Le FMI et le Japon ont signé à Rome un accord d'emprunt de 100 milliards de dollars. M. Strauss-Kahn a précisé qu'il entendait doubler les ressources permettant de financer des emprunts, pour les porter à 500 milliards de dollars EU [lire l'article sur le prêt du Japon]. 
Il a déclaré aux journalistes présents : «En termes concrets, le prêt du Japon est le résultat le plus important du sommet... Je tiens à remercier les autorités japonaises pour avoir donné le ton... Mon objectif reste de doubler les ressources (du FMI)... Il s'agit du prêt le plus important de l'histoire de l'humanité». 

Pourquoi le FMI a-t-il besoin de plus de fonds? 
Pour l'instant le FMI s'est engagé à prêter quelque 50 milliards de dollars EU à plusieurs pays touchés par la crise, dont le Belarus, la Hongrie, l'Islande, la Lettonie, le Pakistan, la Serbie et l'Ukraine. Un accord de précaution a été annoncé en faveur d'El Salvador le mois dernier et une équipe des services du FMI a engagé des négociations avec la Turquie. 
L'économie mondiale étant pratiquement au point mort et les flux d'échanges et de capitaux s'inscrivant en net retrait, M. Strauss-Kahn craint que les problèmes ne s'aggravent pour les pays en développement durant l'année à venir : «En 2009, les pays en développement vont connaître un véritable problème de financement d'une grave intensité». 
Le FMI doit être prêt à agir vu l'assèchement des flux de capitaux privés, car, selon lui, «les excédents qu'affichaient encore les pays émergents en 2008 vont fondre comme neige au soleil».

Fonds concessionnels 
Le Directeur général a rappelé que les pays à faible revenu vont souffrir des retombées de la crise mondiale. 
Il a ainsi précisé : «Je ne veux pas parler de financement sans parler des pays les plus pauvres. Je veux également doubler les ressources concessionnelles». 
Le FMI et la Banque mondiale prêtent aux pays à faible revenu à des conditions dites concessionnelles pour les aider à financer leur développement. 

Assainir les banques 
Avant la réunion, M. Strauss-Kahn a salué les mesures de relance budgétaire annoncées par plusieurs grands pays industrialisés et émergents, ajoutant qu'il était maintenant essentiel d'entreprendre leur exécution. 
À Rome, M. Strauss-Kahn a déclaré à la presse qu'il fallait maintenant franchir l'étape cruciale de l'assainissement du secteur bancaire : «Aujourd'hui le problème n'est plus vraiment celui de la relance, mais celui du secteur bancaire et de sa restructuration». 
«Les marchés du crédit demeurent perturbés... il est absolument nécessaire de restructurer le secteur financier.» 
«Nous devons vérifier la viabilité de chacune des banques, au cas par cas. Si une banque est viable, il faut l'aider en lui apportant des fonds publics. Si elle ne l'est pas, il faut l'aider à trouver un repreneur.» 

Une démarche délicate au plan politique 
M. Strauss-Kahn a reconnu qu'il est politiquement difficile de mobiliser une aide supplémentaire de l'État alors que l'on peut légitimement penser que c'est le secteur bancaire qui est à l'origine de la crise. Mais il est important de le faire, faute de quoi la reprise ne sera pas au rendez-vous. Le FMI a étudié 122 crises bancaires survenues dans diverses régions du monde et il en ressort que les bilans doivent être assainis pour permettre une reprise de l'activité réelle. 
«Le secteur bancaire ne peut commencer à prêter que lorsqu'il se sera allégé et assaini.»

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