mercredi 25 février 2009

Les dirigeants européens s'accordent pour encadrer le système financier

"Aucun marché financier, aucun produit financier, aucune partie prenante des marchés financiers ne doit être laissé sans règlementation", ont déclaré des responsables du gouvernement allemand en vue de la préparation du prochain G20.

Les dirigeants européens réunis dimanche 22 février à Berlin pour préparer le sommet du G-20 à Londres début avril sont d'accord sur la nécessité de règles d'encadrement du système financier et des fonds spéculatifs, ont déclaré des responsables du gouvernement allemand.
Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, et le président français Nicolas Sarkozy participent à la réunion de Berlin, avec leurs ministres des Finances.
Selon les responsables allemands qui ont requis l'anonymat, ces dirigeants sont convenus "qu'aucun marché financier, aucun produit financier, aucune partie prenante des marchés financiers ne doit être laissé sans règlementation, sans surveillance".

Sarkozy avait prévenu
Avant la réunion, le gouvernement allemand avait diffusé un projet de position commune, proposant un système pour améliorer la transparence sur les marchés financiers mondiaux, l'instauration de règles sur la rémunération des dirigeants d'entreprises ainsi qu'un rôle accru pour le Fonds monétaire international (FMI).
Samedi, Nicolas Sarkozy avait souhaité "que l'Europe se prépare à avoir une position commune" sur le sommet du G-20 qui ne soit pas "une position commune sur un faux compromis, un compromis au rabais".
"Je ne m'associerai pas à une réponse de circonstance dont les réponses ne seraient pas à la hauteur des attentes des populations à travers le monde", avait-il averti à l'intention de ses partenaires européens réticents.

Une aide accrue au FMI
"Nous avons décidé que les institutions internationales devraient avoir 500 milliards de dollars pour leur permettre non seulement de faire face aux crises mais aussi pour leur permettre de prévenir les crises", a déclaré M. Brown lors d'une conférence de presse commune.
Notamment le FMI, qui a souligné plusieurs fois ces dernières semaines que ses ressources disponibles, et donc sa capacité à prêter aux pays membres en difficulté, risquaient de s'épuiser si la crise économique perdurait.
"Les ressources du FMI doivent être doublées pour lui permettre d'aider ses membres rapidement et de manière flexible quand ils ont des difficultés", selon les travaux des chefs d'Etat. Le Japon a déjà annoncé son intention de prêter jusqu'à 100 milliards de dollars à l'institution.
Un expert gouvernemental européen a toutefois indiqué à l'AFP qu'au-delà de cette promesse, des divergences existaient encore entre Européens sur "comment on renforce (les) moyens" du Fonds.

NOUVELOBS.COM

Ben Bernanke rassurant, les marchés ont apprécié

La récession aux Etats-Unis pourrait durer au-delà de l'année 2009, a déclaré le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke qui a également dit qu'il pensait que les grandes banques américaines surmonteraient la crise sans être nationalisées.

La récession aux Etats-Unis pourrait durer au-delà de l'année 2009, a déclaré le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke qui a également dit qu'il pensait que les grandes banques américaines surmonteraient la crise sans être nationalisées.

S'exprimant devant la commission bancaire du Sénat, Bernanke a dressé un tableau sans concession, expliquant que l'économie risquait d'entrer dans un cycle infernal avec une croissance faible et des marchés financiers en grande difficulté si le système bancaire n'était pas stabilisé.

"Pour sortir de ce cercle vicieux, il est primordial de combiner la relance budgétaire avec une action gouvernementale forte destinée à stabiliser les institutions et les marchés financiers", a dit Bernanke.

"Si les mesures prises par l'administration, le Congrès et la Réserve fédérale parviennent à restaurer dans une certaine mesure la stabilité financière - et seulement dans ce cas, à mon avis - alors il y a une chance raisonnable que la récession en cours s'achève en 2009 et que 2010 soit une année de reprise",

Bernanke a dit qu'il était certain que les autorités avaient adopté la posture adéquate en prenant leur temps pour faire un diagnostic complet des principales banques américaines et en s'engageant à les recapitaliser si besoin en était.

"Nous ne pouvons pas garantir qu'aucune grande banque ne fermera, mais je suis persuadé que nos grandes banques peuvent être stabilisées."

Wall Street a salué les propos de Bernanke et le Dow Jones a clôturé sur une hausse de 3,32%, tandis que les valeurs bancaires ont été particulièrement entourées comme en témoigne les rebonds de Citigroup et Bank of America, respectivement de 21,5% et 20,97%, tandis que l'indice KBW des valeurs bancaires a pris 13,59%.

"Le plan mis au point par l'administration (Obama) soutenu par Bernanke semble être rationnel et le marché prend en compte le fait que cela pourrait fonctionner", commente Greg Palmer directeur du trading d'actions chez Pacific Crest Securities.

Bernanke a par ailleurs estimé que la dimension mondiale de la crise pourrait saper les exportations américaines et détériorer les conditions financières de manière plus forte qu'attendu.

La Fed, qui a ramené le coût du crédit à pratiquement zéro, maintiendra les taux d'intérêt à ce niveau exceptionnellement bas pour un certain temps, a indiqué Bernanke. Il s'est engagé à utiliser "tous les outils disponibles" pour relancer l'économie et remettre sur pied les marchés financiers.

Il a noté que le programme en cours de la Fed visant à acheter de la dette émise par les agences de financement des crédits immobiliers ainsi que des produits issus de la titrisation des crédit immobiliers ont contribué à faire baisser les taux d'intérêt des crédits immobiliers de près d'un point de pourcentage.

Les mesures prises par la Fed ont contribué à ramener une certaine stabilité dans certains secteurs des marchés financiers, a-t-il ajouté. Il a cité la réduction des tensions sur les marchés du financement à court terme, une amélioration des conditions sur le marché des billets de trésorerie et une réduction des spreads sur les risques des sociétés.

Il a également souligné que les tensions inflationnistes avaient très fortement diminué face à la chute des cours des matières premières.

"Quoiqu'il en soit, malgré ces développements favorables, des tensions importantes persistent sur de nombreux marchés", a affirmé le président de la Fed. "Notamment, le marché de la titrisation reste pour l'essentiel fermé", a-t-il dit.

Mark Felsenthal, version française Clément Dossin et Danielle Rouquié