samedi 21 février 2009

Strauss-Kahn prévient que la croissance mondiale pourrait être réduite à zéro en 2009


Le directeur du FMI avait déjà abaissé à 0,5% ses prévisions. Selon lui la croissance pourrait repartir en 2010 si "l'assainissement du secteur financier " est approfondi.

La croissance mondiale pourrait être réduite à zéro a prévenu le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn dans le quotidien Les Echosdu jeudi 19 février.
Le FMI a déjà abaissé fin janvier sa prévision de croissance mondiale à 0,5% pour cette année, avec une récession de l'ordre de 2% dans les pays riches, "et les chiffres qui sont tombés depuis ne sont pas bons", a-t-il ajouté.

La récession pourrait "s'aggraver"


"La prochaine prévision du FMI, dans trois mois, pourrait bien s'approcher de zéro", avec "un risque que la récession s'aggrave" dans les pays développés, a précisé Dominique Strauss-Kahn.
Il a répété que début 2010 serait "peut-être le moment du retournement" de la conjoncture, si "l'assainissement du secteur financier et le nettoyage du bilan des banques" est approfondi et accéléré, surtout en Europe, "où la mise en oeuvre reste lente".

Les banques ne sont "pas en situation de prêter"


Dominique Strauss-Kahn s'est exprimées sur les banques, régulièrement accusées de ne pas répercuter l'aide reçue et la baisse des taux d'intérêt des banques centrales sur leur offre de crédit.
Le patron du FMI a jugé que "si Renault et Peugeot ne trouvaient pas de financement, ce n'était pas une question de mauvaise volonté, c'est que les banques n'étaient pas en situation de prêter".
Il a par ailleurs estimé que le G20 allait probablement devenir une "sorte d'organe de gouvernance mondiale" mais qu'il fallait l'élargir à des pays africains et du Moyen-Orient car "en terme de légitimité, avoir les vingt plus gros Produit intérieurs brut (PIB) mondiaux ne suffit pas".
Au sommet du G20 du 2 avril à Londres, il a dit attendre des décisions "sur la régulation financière ou la sortie de crise", et espère "une modification des instruments et du fonctionnement de la gouvernance mondiale, notamment au niveau du FMI".

Les autorités américaines accusent le milliardaire texan Allen Stanford de "fraude massive" portant sur huit milliards de dollars

Les autorités boursières américaines ont révélé mardi 17 février une nouvelle affaire de fraude portant sur huit milliards de dollars impliquant un grand nom de la finance au Texas, deux mois après les aveux du New-Yorkais Bernard Madoff, accusé d'une escroquerie de 50 milliards.
Robert Allen Stanford a vu ses actifs gelés, ainsi que ceux de trois de ses sociétés.
L'une d'elles, la Stanford international bank, basée à Antigua, aurait vendu, selon le gendarme américain de la Bourse (SEC), pour huit milliards de dollars de certificats de dépôts, en promettant aux investisseurs des rendements particulièrement élevés, qui aurait permis à l'établissement depuis quinze ans d'enregistrer des retours sur investissement à deux chiffres.
La SEC n'évoque pas directement de "schéma de Ponzi", ce système de fraude pyramidale permettant de payer les premiers investisseurs grâce aux apports des investisseurs les plus récents, mais l'affaire rappelle toutes les affaires de "mini-Madoff" révélées depuis l'arrestation en décembre de Bernard Madoff.

Rapatriement des fonds gelés


Ce dernier est accusé d'une fraude pyramidale portant sur 50 milliards de dollars.
Début février, un financier qui avait alerté les autorités sur le cas Madoff dès 2000, Harry Markopolos, avait révélé lors d'une audition à la Chambre des représentants qu'il avait connaissance d'une autre fraude se chiffrant au moins à un milliard de dollars, sans citer de nom.
Contacté par l'AFP, un porte-parole du Stanford financial group, la maison mère des sociétés de M. Stanford, s'est refusé à tout commentaire.
Une porte-parole de la SEC à Fort-Worth (Texas, sud), Rose Romero, a indiqué de son côté qu'un juge fédéral de Dallas (Texas) avait placé mardi l'établissement sous la tutelle d'un avocat.
La SEC avait obtenu dès lundi du juge Reed O'Connor diverses mesures contraignantes contre Robert Allen Stanford, la SIB et deux sociétés de conseil en investissement à son nom, Stanford Group Company et Stanford Capital Management.
Le juge O'Connor a également ordonné le rapatriement aux Etats-Unis des fonds gelés, pour assurer la compétence de la justice américaine dans cette affaire.

"Sir Allen"


Le Wall Street Journal s'était fait l'écho ces derniers jours des démarches à Antigua de plusieurs clients de la SIB pour récupérer leurs fonds, sans succès: ils se heurtaient à des employés leur indiquant qu'il faudrait attendre plusieurs jours pour effectuer les procédures nécessaires.
La SIB revendiquait en juin 8 milliards de dollars d'actifs, contre seulement un milliard en juillet 2001, ainsi qu'une clientèle et une gamme de produits financiers "très exclusives". Sa maison-mère Stanford Financial Group revendique des clients dans 140 pays, et des actifs sous gestion s'élevant à 50 milliards de dollars
La SIB avait annoncé, "faussement" selon la SEC, qu'elle n'était exposée "ni directement ni indirectement" à la fraude de Bernard Madoff, afin de calmer l'inquiétude de ses investisseurs.
Allen Stanford, la moustache avenante sur la photo publiée sur le site internet du Stanford Financial Group, se fait appeler "Sir Allen", à la suite de son anoblissement en 2006 par l'Etat d'Antigua et Barbuda, dont il a acquis la nationalité.
Il est le petit-fils du fondateur de la première "Stanford Company", fondée en 1932 au Texas, et réside aux Iles vierges américaines, selon sa biographie officielle, où il reprend à son compte la philosophie de son grand père Lodis: "travail dur, vision claire, et valeur pour les clients".