Les banques et assurances, principales émettrices de gaz à effet de serre (GES) en France ? La conclusion du bilan du rapport « Entreprises et changement climatique » publié mardi par le WWF et Vigeo a de quoi interpeler.
«Tout le monde s’excite autour de ce résultat mais il est tout à fait normal compte tenu de la méthodologie employée. Nous avons pris en compte les émissions directes et indirectes de chaque secteur. Comme les banques et assurances financent pratiquement l’ensemble de l’économie, il est normal qu’elles arrivent en tête», souligne Julia Haake, directrice des partenariats entreprises au WWF.
Le reste du classement est plus attendu : dans l’ordre décroissant d’émissions de GES, on retrouve l’aéronautique civile, l’industrie pétrolière, celle du gaz naturel, la sidérurgie, la production d’électricité, l’automobile, la chimie, les matériaux de construction, la grande distribution et enfin le BTP.
Peu importe le classement
L’objectif du rapport n’est pas de stigmatiser tel ou tel secteur mais plutôt de définir quelles sont les pistes d’amélioration pour une économie plus sobre en carbone. Pour chaque secteur étudié, WWF et Vigeo effectuent un état des lieux des efforts réalisés et de ceux qu’il reste à faire.
«Les entreprises sont aujourd’hui focalisées sur leurs émissions directes sous prétexte qu’elles n’ont pas de marge de manœuvre sur les émissions induites, mais c’est faux. C’est précisément le but de notre rapport que de leur donner des pistes de réduction de ces émissions»,précise Julia Haake.
Par exemple, dans le secteur bancaire, le WWF a noué un partenariat avec les Caisses d’Epargne qui consiste en un « étiquetage carbone » des produits de la banque. Livrets d’épargne, OPCVM, assurance-vie ou prêt : l’intensité carbone de chaque produit peut-être calculée en fonction des activités qu’il finance.
Au final, selon Julia Haake, les entreprises doivent prendre en compte l’impact de leur activité en amont (choix des fournisseurs, énergie et ressources consommées, etc) et en aval (distribution, cycle de vie des produits, activités induites).
François Schott
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