lundi 6 juillet 2009

Économie mondiale Un léger redressement se profilerait Regain progressif du dynamisme de l'activité à partir de 2010

L'économie mondiale connaîtrait une légère reprise de 1,9% en 2010, après la forte récession en 2009, marquée par une baisse de l'activité économique de 1,3% au lieu d'une hausse de 3,2% en 2008. Un redressement de l'économie mondiale «a commencé à se matérialiser avec un peu plus de vigueur qu'on ne le pensait», a estimé le directeur du FMI pour l'hémisphère occidental, Nicolas Eyzaguirre. En marge d'une réunion des ministres des Finances de l'Amérique et des Caraïbes, le responsable de l'organisme financier international, rapporte une publication québécoise, a estimé que cette tendance, mais aussi «un premier et un deuxième trimestre pires que ce à quoi l'on s'attendait», vont amener le FMI à réviser «à la baisse» les perspectives de croissance pour 2009, «mais améliorer celles de 2010». L'année 2009 serait caractérisée par une croissance contrariée dans les économies développées de moins de 3,8% et un net ralentissement des économies émergentes et en développement, engendrant une détérioration des équilibres internes et externes. Les déficits de la balance des paiements et des finances publiques sont en train de s'accentuer dans la majorité des pays, notamment ceux de l'OCDE (Organisation de la coopération et de développement économique). De même, les indicateurs d'endettement et de chômage empruntent une tendance haussière.

Pour redresser leurs situations économiques, les Etats ont entrepris un ensemble de mesures de politique visant à stabiliser les marchés financiers, à stimuler la demande des biens et services et à relancer l'activité des marchés de l'emploi. Dans ce cadre, on s'attend à des interventions publiques sur les marchés financiers à travers les injections de capitaux nécessaires pour permettre aux établissements de crédit de continuer à accorder des prêts, tout en procédant à des mécanismes de traitement des actifs en difficultés détenus par certaines banques.

Dans ce sillage, on prévoit l'abaissement des taux directeurs des banques centrales à des niveaux proches de zéro dans le cadre de l'assouplissement des politiques monétaires pour relancer la demande globale et lutter contre la déflation. La relance de l'activité économique pourrait se faire à travers les mesures de politique budgétaire dans les pays où les marges de manœuvre le permettent encore, notamment la hausse des dépenses d'investissement public et l'octroi des incitations fiscales en faveur des ménages et des entreprises.
Des politiques actives d'emploi et de solidarité sociale seraient appliquées pour éviter que le chômage conjoncturel élevé ne prenne un caractère structurel. Il s'agit, en particulier, des aides publiques aux entreprises qui maintiennent leurs effectifs et le renforcement d'un filet de protection sociale en faveur des catégories les plus vulnérables. Les plans de relance, ainsi engagés, cherchent à réinstaurer la confiance dans le système financier international et à mobiliser les capitaux en faveur des activités touchées par la récession économique.

Dans ces conditions, les perspectives établies par les institutions internationales présentent un regain progressif du dynamisme de l'activité économique mondiale à partir de 2010, particulièrement dans les économies émergentes et en développement. Selon certains conjoncturistes, la reprise de l'économie mondiale attendue en 2010 proviendrait, essentiellement, des économies émergentes et en développement, alors que les économies avancées seraient en stagnation, après leur récession de 2009. L'économie américaine, en récession aigüe depuis la fin de l'année 2008, enregistrerait une croissance négative, d'environ 2,8% en 2009, avant de connaître une stagnation en 2010. La crise financière, éclatée dans le pays, a entraîné l'instabilité des marchés financiers et par la suite la réduction des possibilités de financement en faveur des ménages et des entreprises, et ce, malgré la baisse significative des taux d'intérêts.

Certes, les grands plans de relance entrepris par l'Etat ont permis de stabiliser l'activité financière et d'éviter une aggravation de la situation de l'économie réelle, mais leurs effets de leviers sur la croissance n'auraient lieu qu'en 2010. Ainsi, la demande intérieure américaine dégagerait une contribution négative de 2,9 points à la croissance du PIB en 2009.

Émission d'obligations par le FMI

Le Conseil d'administration du FMI vient d'approuver le dispositif autorisant l'émission d'obligations dont la souscription est ouverte aux États membres et à leur banque centrale.
Au titre du dispositif, les États membres peuvent conclure des accords de souscription d'obligations du FMI jusqu'à un montant donné pour chaque État membre. Plusieurs pays ont d'ores et déjà manifesté leur intérêt à cet égard, la Chine ayant fait part de son intention de souscrire jusqu'à 50 milliards de dollars EU, le Brésil et la Russie jusqu'à 10 milliards chacun L'émission obligataire pourrait être lancée après la signature du premier accord de souscription avec un État membre.

Le FMI procèderait ensuite à des émissions ponctuelles lorsque des décaissements de prêts sont effectués en faveur de pays membres bénéficiant de l'assistance financière du FMI. Une fois souscrites par les États membres ou leur banque centrale, les obligations seraient négociables au sein du secteur public international qui comprend tous les États membres du FMI, leur banque centrale et quinze institutions multilatérales, c'est-à-dire celles qui ont le statut de dépositaires des droits de tirage spéciaux.

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