vendredi 17 avril 2009

Un Forum arabe économique peu fructueux

Passé pratiquement inaperçu, le Forum arabe économique se tenait, à Beyrouth, en même temps que le G20 à Londres. Les économistes de nombreux pays arabes se sont attelés à essayer de trouver une solution à la crise financière. Un colloque dont les résultats ont été peu fructueux.

Trouver une solution à la crise qui touche les pays arabe ! C’était la tâche du Forum arabe économique qui se tenait à Beyrouth les 2 et 3 avril dernier. Alors que le printemps fait son grand retour, plus de 600 personnes du monde de la finance, de l’économie et du secteur bancaire du monde arabe se sont retrouvées dans les luxueux salons de l’hôtel Phoenicia, situé sur le front de mer. Sous le patronage du chef du gouvernement libanais, Fouad Siniora, ce forum était organisé par le groupe de presse Al-Iktissad Wal Aamal en coopération avec la Banque centrale libanaise, l’Association des banques libanaises, et l’International Finance Corporation de la banque mondiale. Ce 17ème Forum arabe économique, qui se déroulaient en même temps que le sommet du G20 à Londres chargé de trouver une solution à la crise financière, était centré, lui, sur les aspects de la crise dans les pays arabes, et notamment ceux du Golfe, de plus en plus fortement touchés.

Complémentarité entre les pays arabes

« Les économies arabes font face à de nombreux problèmes en raison de la chute des revenus du pétrole et de l’augmentation des dépenses gouvernementales principalement dans les infrastructures et les projets économiques majeurs », expliquait Raouf Abou Zaki, le directeur général du groupe Al-Iktissad. Le directeur de l’Union des chambres arabes du commerce et de l’industrie, Adnan al-Qassar, a précisé, quant à lui, que les revenus du pétrole ont fortement baissé en raison de la crise. Il a précisé que les pertes en investissement arabes à l’étranger s’élevaient à 2 500 milliards de dollars. Avant d’ajouter que les prévisions de croissance dans le monde arabe n’étaient que de 2,8 % pour 2009, contre 5,8 % les deux années précédentes. Alors comment endiguer cette crise ? Les représentants des différents pays arabes ont mis l’accent sur leur complémentarité, à l’instar du ministre du commerce et de l’industrie d’Arabie Saoudite, Abdullah Alireza. Adnan al-Qassar a, lui, conseillé de suivre les recommandation du sommet économique du Koweït, qui s’est tenu en janvier, réitérant l’importance de la mise en place d’un marché arabe commun que le secteur privé réclame depuis 1951. Mais, outre ces discours, aucune décision concrète ne semble avoir été prises. Alors que les économies du Golfe s’enfoncent petit à petit dans le marasme économique lié à la crise, seul le Liban semble résister. Comme l’indiquait lors de ce Forum, le gouverneur de la banque centrale Riad Salameh, le Liban devrait atteindre une croissance de son PIB annuel de plus de 3 %, si toutefois la situation sécuritaire à l’approche des élections législatives ne se dégrade pas.

Julie Schneider

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