jeudi 2 avril 2009

Les principaux enjeux du G20

Les enjeux du G20, qui se tient jeudi 2 avril à Londres, sont nombreux. La plupart ont déjà été discutés entre les participants : si certains points font d'ores et déjà l'objet d'un accord, ce n'est pas le cas pour tous. Entre relance, régulation et assainissement du système financier, les options sont multiples.

ASSAINIR LES MARCHÉS FINANCIERS

  • Hedge funds

Les fonds spéculatifs sont considérés quasi unanimement comme des menaces pour la stabilité financière, accentuant à la fois les baisses et les hausses des cours. Pour le moment domiciliés dans des centres offshore, ils pourraient être contraints à se déclarer auprès des autorités des marchés financiers où ils opèrent. Européens et Américains discutent encore du niveau de régulation à leur imposer.

  • Paradis fiscaux

Le sujet fait l'objet d'un relatif consensus depuis quelque temps déjà. Les principaux acteurs du G20 ont fait pression sur nombre de paradis fiscaux pour les forcer à lever leur secret bancaire. L'Europe voudrait la publication d'une "liste noire" des paradis fiscaux, mais les Anglo-Saxons n'y sont pas favorables. Barack Obama devrait en revanche présenter une grille d'évaluation de la conformité aux règles internationales en matière de fiscalité.

  • Agences de notation

Elles ont été montrées du doigt à de nombreuses reprises, notamment par Nicolas Sarkozy. Elles ne sont pour l'instant soumises à aucune surveillance si ce n'est un code de bonne conduite interne. Europe et Etats-Unis veulent les obliger à s'inscrire auprès d'une autorité de régulation, qui resterait à créer.

  • Salaires des banquiers

Le salaire des patrons n'est pas un débat franco-français. Gordon Brown s'est dit favorable "à des règles internationales de rémunération des banquiers" et assure que le G20 prendra des disposition en la matière. Certains pays veulent aussi limiter les bonus des traders, mais les Etats-Unis ne souhaitent pas aller aussi loin en matière de régulation.


RÉFORMER LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES

  • Réforme du FMI et de la Banque mondiale

Le G20 entend doubler le financement du FMI (250 milliards de dollars aujourd'hui, soit près de 190 milliards d'euros). Les Etats-Unis voudraient le tripler. Les membres du G20 veulent en faire un superviseur mondial aux compétences accrues, associé au Forum de stabilité financière créé en 1999. Ces deux organismes devront élaborer et faire appliquer de nouvelles règles pour les établissements financiers. Les pays en développement demandent à être plus présents au sein du FMI et de la Banque mondiale. Ils voudraient notamment pouvoir présider ces deux organes alors qu'ils sont pour le moment tacitement réservés aux Américains et Européens. Le G20 est aussi appelé par la Banque mondiale à augmenter les aides aux banques de développement.

  • Rôle des banques centrales

Elles devraient participer, avec le FMI, au contrôle des système financiers. Les Européens y sont moins favorables que les Américains, car les banquiers centraux sont des acteurs indépendants qui ne rendent souvent de comptes à personne. Les banques centrales vont aussi être encouragées à maintenir des taux d'intérêt les plus bas possible pour soutenir la demande.


NOUVEAU PLAN DE RELANCE DE LA CROISSANCE


Avant le sommet, Barack Obama s'est beaucoup investi pour inciter ses partenaires à prendre de nouvelles mesures de relance économique. Mais les Européens estiment en avoir fait assez pour le moment. Le G20 devrait se contenter de saluer les plans déjà engagés et encourager ceux à venir, sans en promettre directement.

  • Protectionnisme

Le G20 devrait réaffirmer la nécessité de la lutte contre le protectionnisme et les nécessités d'une économie ouverte pour surmonter la crise. Pourtant, la Banque mondiale a récemment affirmé que dix-sept des membres du G20 avaient pris des mesures protectionnistes depuis le début de la crise.

  • Rôle du dollar

La prise de position de la Chine pour l'abandon du dollar comme monnaie principale des réserves nationales n'est pas officiellement au programme du sommet, mais elle a le soutien de plusieurs pays. Ce sujet pourrait donc faire l'objet de discussions informelles.

Antonin Sabot

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