lundi 27 avril 2009

La banque mondiale va tripler le montant de son aide aux pays vulnérables à la suite de la crise économique

Les investissements essentiels dans les programmes de protection sociale vont passer à 12 milliards de dollars, le mécanisme d'intervention en réponse à la crise alimentaire bénéficiera d'un financement accru. 

La Banque mondiale a annoncé qu'elle prévoit de tripler, à 12 milliards de dollars au cours des deux prochaines années, ses investissements dans les filets de sécurité et d'autres programmes de protection sociale dans les secteurs de la santé et de l'éducation, en vue de protéger les populations les plus vulnérables contre les pires effets de la crise économique mondiale. 

Au titre de cette initiative de renforcement de l'aide, la Banque fera passer le montant de son mécanisme d'intervention rapide en réponse à la crise alimentaire de 1,2 milliard de dollars à 2 milliards de dollars, pour aider davantage les pays aux prises avec la crise alimentaire actuelle. 

La réaction de la Banque traduit le fait que l'on redoute de plus en plus que la conjoncture économique actuelle n'augmente le nombre de pauvres dans les pays en développement et n'entraîne la faim et la réduction des programmes de santé, d'éducation et d'autres services sociaux. 

« Un monde qui n'apprend pas de l'histoire est condamné à la répéter. Alors que la dernière réunion du G-20 était essentiellement consacrée aux questions financières, nous devons tirer des enseignements de l'histoire des crises passées, au cours desquelles les gouvernements, à court d'argent, ont réduit les programmes sociaux, ce qui a eu des conséquences catastrophiques pour les pauvres, » a déclaré Robert B. Zoellick. Président du Groupe de la Banque mondiale. 

« Dans la crise actuelle, on s'est surtout intéressé aux pays développés dont les habitants risquent de perdre leurs maisons, leurs actifs et leurs emplois. Ce sont des difficultés incontestables, » a estimé Zoellick. « Mais les personnes qui vivent dans les pays en développement ont bien moins de moyens de protection : elles n'ont pas d'épargne, pas d'assurance, pas d'allocations de chômage et souvent pas de nourriture. Au cours de la crise en Asie orientale, les cas d'anémie parmi les femmes enceintes ont augmenté de 22 % en Thaïlande, et les taux de scolarisation ont chuté en Indonésie. Des revirements de cette nature peuvent avoir des répercussions sur toute une génération. Nous ne devons pas laisser qu'une telle situation se reproduise. » 

Dans le cadre des mesures de protection des pauvres, le Conseil des administrateurs de la Banque a approuvé l'augmentation à 2 milliards de dollars des ressources du mécanisme de financement rapide de l'aide alimentaire de la Banque. Cette approbation intervient moins d'un an après la mise en place de ce mécanisme par la Banque, au titre du Programme d'intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP). Ce mécanisme a pratiquement atteint son plafond initial de 1,2 milliard de dollars, en finançant des projets totalisant 1,18 milliard de dollars dans 36 pays. 

« La persistance d'une conjoncture économique à risque, conjuguée à l'instabilité chronique des prix alimentaires, signifie que pour les populations pauvres la crise alimentaire n'est pas prête de se terminer, » a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale du Groupe de la Banque mondiale. « Nombreux sont les pays pauvres qui n'ont pas tiré parti d'une certaine modération de la hausse des prix alimentaires sur les marchés mondiaux. La décision de renforcer le mécanisme permettra à la Banque de disposer des moyens nécessaires pour continuer à intervenir rapidement en faveur des pays. » 

Les investissements consacrés par la Banque à la protection sociale devraient enregistrer une croissance spectaculaire entre 2009 et 2010, passant de 4 milliards de dollars au cours des deux années ayant précédé la crise à 12 milliards de dollars. Ces investissements comprennent des programmes d'intervention rapide dans le secteur social et des transferts monétaires conditionnels, les familles recevant des ressources financières à condition d'envoyer leurs enfants à l'école et de passer régulièrement des bilans de santé. 

Zoellick a déclaré qu'il est établi que l'augmentation des investissements dans des programmes de protection sociale est une mesure efficace, à la fois pour stimuler les dépenses et protéger les pauvres à un coût relativement peu élevé, représentant le plus souvent moins de 1 % du produit intérieur (PIB) d'un pays. Le coût de programmes efficaces tels que Oportunidades au Mexique ou Bolsa Familia au Brésil est de l'ordre de 0,4 % du PIB, tandis que le plus vaste programme de protection sociale d'Ethiopie, Productive Safety Net, représente environ 1,7 % du PIB. 

Au début de ce mois, la Banque mondiale a approuvé en faveur du Gouvernement mexicain un prêt de 1,5 milliard de dollars pour élargir Oportunidades, une mesure qui devrait permettre au Gouvernement d'aider les 25 millions de personnes vivant dans les 5 millions de foyers les plus vulnérables du pays. 

La Banque mondiale a établi un Mécanisme d'aide aux pays vulnérables pour accorder des ressources financières aux pays les plus touchés par la double crise alimentaire et économique. Ce mécanisme est doté de guichets distincts pour les interventions rapides dans le secteur de la santé et la sécurité alimentaire. 

Le programme GFRP de la Banque fournit une aide immédiate aux pays gravement éprouvés par la flambée des prix alimentaires. Les projets exécutés par la Banque mondiale et ses partenaires du système des Nations Unies appuient des programmes de protection sociale tels que les programmes de vivres pour le travail, la fourniture de compléments alimentaires et de micronutriments aux femmes et à leurs enfants et les programmes d'alimentation scolaire pour les plus vulnérables. À titre d'exemple, en Sierra Leone, 119 projets de travail contre rémunération ont été approuvés pour fournir 42 000 hommes-jours d'emploi à plus de 5 300 personnes ; au Liberia, 60 000 enfants ont bénéficié de l'alimentation scolaire mensuelle depuis octobre 2008. 

Le programme GFRP, qui a décaissé à ce jour près de 750 millions de dollars, accorde aussi des financements à court et moyen terme pour la production alimentaire, en fournissant aux agriculteurs des semences et des engrais, en améliorant l'irrigation et les activités liées à l'élevage au profit des petits exploitants agricoles et en octroyant aux gouvernements une aide budgétaire pour compenser les réductions des tarifs douaniers sur les produits alimentaires et d'autres dépenses imprévues. 

Au titre de son mécanisme d'intervention rapide dans le secteur social, la Banque finance des actions immédiates en faveur des groupes vulnérables. Ce mécanisme met l'accent sur l'appui aux investissements nationaux consacrés à la santé, l'éducation et d'autres programmes sociaux au cours des crises économiques, tout en renforçant les services, par exemple, dans le domaine de la santé maternelle et infantile et de la nutrition ainsi que dans celui des programmes d'alimentation scolaire ; l'expansion des programmes ciblés de protection sociale ; les investissements dans les marchés actifs du travail, les mesures de soutien des revenus au profit des chômeurs, les programmes de création d'emplois et de formation et d'autres initiatives liées au travail.

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