mardi 17 mars 2009

La BRIC a un plus grand mot à dire sur la finance dans le monde

Les quatre plus grandes nations en développement ont appelé les pays émergents à avoir un plus grand mot à dire dans le système financier mondial, alors que les ministres des Finances du G20 se sont engagés à lutter contre la plus importante récession depuis les années 1930. 

L'union réunissant le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine (BRIC), a annoncé dans une déclaration du samedi dernier: "Nous appelons à une action urgente concernant les voix et la représentation dans le Fonds monétaire international (FMI), pour qu'il puisse mieux tenir compte de notre poids économique réel." 

Les pays ont également souhaité que la réforme de la représentation dans la Banque mondiale qui devait être achevée d'ici avril 2010, soit accélérée. 

Des mesures politiques et économiques "plus équilibrées, plus dynamiques, plus coordonnées et plus contracycliques" sont nécessaires pour promouvoir la reprise économique mondiale, mentionne la déclaration. 

Le ministre chinois des Finances, Xie Xuren a appelé à des efforts conjoints de la communauté internationale pour accélérer la réforme des institutions financières internationales et la construction d'un nouveau système financier mondial, qui est "juste et bien aligné, compatible et ordonné". 

"Au niveau mondial, la voix des pays émergents et des nations en développement dans le système financier international doit être augmentée et le protectionnisme commercial et financier devrait être évité", a dit le ministre Xie. 

Les pays BRIC prennent des mesures visant à favoriser la demande intérieure et vont continuer à le faire, stipule la déclaration, ajoutant que le protectionnisme doit être évité conjointement. 

La déclaration a été publiée à Horsham dans au sud de l'Angleterre lors de la réunion des ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20, avant la réunion des leaders de leurs pays au sommet du G20 à Londres le 2 avril prochain. 

Actuellement, les pays développés dominent les institutions internationales. Par exemple, le droit de vote des pays BRIC au sein du FMI représente 9,62% du total, ce qui correspond à la moitié des droits de vote que détiennent les Etats-Unis. 

Selon le calendrier établi à la réunion du week-end dernier, la prochaine révision des quotas du FMI devrait être conclue en janvier 2011. 

"La Chine et d'autres pays comme l'Arabie Saoudite devraient être encouragés à augmenter les ressources du FMI et la structure des droits de vote doit être réformée", a annoncé la semaine dernière Uri Dadush chercheur associé du groupe d'analyse américain Carnegie Endowment. 

Lors de la réunion du week-end dernier, les ministres de plus grandes économies du monde se sont également engagés à réglementer les fonds de protection et de commencer à renforcer le contrôle sur les agences de notation de crédit pour éviter une répétition de la crise des marchés financiers qui paralyse les entreprises et prive d'emploi des millions de personnes. 

"Nous nous sommes engagés à fournir des efforts d'une ampleur nécessaire pour restaurer la croissance", a déclaré le ministre dans une déclaration promettant plus de fonds pour le Fonds monétaire international et des prêteurs régionaux comme la Banque asiatique de développement. 

Aucun chiffre n'a été publié, mais un fonctionnaire qui a participé à ces négociations a dit à Reuters qu'ils auraient décidé de doubler la somme de 250 milliards de dollars qui est actuellement à la disposition du FMI pour aider les pays touchés par la suspension des crédits et des investissements. 

Par ailleurs, le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui accueillera le sommet des dirigeants du G20 le 2 avril prochain, a déclaré qu'un grand changement est sur le point de se produire dans la réglementation des marchés financiers, notamment en ce qui concerne la surveillance des fonds de protection. 

Les pays du G20 représentent plus de 80% du produit intérieur brut mondial, qui fera une chute record en 2009 depuis la crise des années 1930. Lorsque la crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis en 2007, elle a englouti la confiance, l'activité économique, le commerce et s'est traduite par la crise de l'emploi partout dans le monde.

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