vendredi 27 février 2009

Pour un Fonds monétaire européen

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a indiqué lors de la rencontre des ministres des Finances du G4 à Berlin que des Etats européens « et pas seulement d'Europe de l'Est » pourraient rencontrer des difficultés de refinancement de leur dette. Ce qui semblait peu réaliste il y a encore quelques mois ne l'est plus complètement : la cessation de paiements d'un Etat membre de la zone euro. La Grèce, l'Irlande, l'Espagne, Malte enregistrent des primes de risque de plus en plus élevées. En parallèle, les agences de notation baissent leurs notes sur ces Etats, confirmant ainsi la dégradation de la confiance en la signature des pays concernés. Mais un Etat peut-il réellement faire faillite dans la zone euro ?

La situation n'est pas banale. Le scénario de la faillite d'un Etat émettant sa propre monnaie dans une économie ouverte est connu. L'Etat victime de sa mauvaise gestion a de plus en plus de mal à repayer ses créanciers extérieurs en devises étrangères. Dans ce contexte de défiance croissante, les taux d'intérêt augmentent pour attirer les prêteurs non nationaux et le taux de change s'affaiblit si le régime de change est flottant. En cas de régime de taux de change fixe, la banque centrale défend la parité jusqu'à l'épuisement relatif de ses réserves et l'abandon éventuel de la fixité. Dans tous les cas, les emprunts extérieurs plombent les déficits publics en monnaie locale.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement peut choisir de compter sur ses propres moyens. Mais faire marcher la planche à billets générera une forte inflation et mettre en place un plan de rétablissement des comptes publics sans soutien extérieur demandera de très lourds efforts à la population. Le plus souvent, il fait donc appel au Fonds monétaire international. Ce dernier met à disposition de la banque centrale une ligne de crédit grâce à laquelle elle va rassurer les créanciers extérieurs sur la capacité du pays, et notamment de son gouvernement, à rembourser les prêts accordés. Le pays se remet dans un cercle vertueux, d'autant plus que le FMI accorde à ce gouvernement cet emprunt sous la condition que soit mise en oeuvre une politique économique et financière soutenable.

La situation est plus complexe dans le contexte d'une union monétaire comme la zone euro. Car si la défiance n'atteint pas les autres pays de la zone, et donc la monnaie unique, la faillite s'exprimera par l'incapacité du pays à émettre un emprunt en euros à un taux d'intérêt financièrement soutenable. Trois solutions s'offrent alors au gouvernement. La première est de quitter la zone euro, de recréer une banque centrale ainsi que sa propre monnaie et faire marcher la planche à billets : une solution coûteuse à la fois pour la population et le pays. Il lui faudra en effet de nombreuses années avant de redonner du crédit à sa signature et avoir accès à nouveau aux marchés de capitaux à un taux d'emprunt raisonnable. Autre option, mettre en place un plan de rigueur convaincant pour les marchés financiers au risque de créer de fortes tensions sociales dans le pays concerné. Mais un tel plan est susceptible de créer un précédent inquiétant pour les autres pays de l'euro.

La troisième option est de faire appel au Fonds monétaire international. Mais le FMI peut-il vraiment prêter directement à un Etat de la zone euro ? Les Etats de l'Eurogroupe sont ensemble les premiers actionnaires du FMI et leur monnaie est la seconde monnaie de réserve au monde ! C'est un peu comme si le FMI prêtait à l'Etat de Californie. La zone euro s'est en fait constituée sans créer un outil essentiel à son fonctionnement, un mécanisme de solidarité financière conjoncturel, un Fonds monétaire européen. Les concepteurs de la zone ont pensé, à tort, que les seules règles de discipline financière des Etats, assorties de sanctions, suffiraient à en assurer la solidité. Ils ont été trop confiants et pas suffisamment ambitieux.

Le Conseil européen extraordinaire du 1er mars est l'opportunité d'ouvrir enfin le débat sur la création d'un Fonds monétaire européen. De nombreuses options sont possibles. Mutualiser partiellement les emprunts souverains, comme l'a proposé Jean-Claude Juncker, permettrait de diminuer les charges d'intérêt au niveau communautaire et national. A défaut, on pourrait envisager de créer une facilité exceptionnelle pour la Banque centrale européenne, d'autoriser un emprunt spécial de la Banque européenne d'investissement, d'allouer une enveloppe spécifique à la Commission européenne dans le cadre d'un fonds de stabilisation conjoncturel... Quel que soit le mécanisme établi, il faudra bien entendu assortir le soutien financier de conditions analogues à celles des programmes du FMI.

La crise actuelle montre à quel point la zone euro se trouve à une étape névralgique de son existence : une monnaie unique, mais pas de politique économique, pas de budget, pas de solidarité. Pour être en mesure de prouver son utilité, l'Union européenne doit pouvoir aider directement les Etats les plus fragiles et financer des plans de soutien mutuellement bénéfiques. La consolidation de la zone euro requiert de passer la vitesse supérieure en matière d'ambition politique et de gouvernance économique.

STÉPHANE COSSÉ ET GUILLAUME KLOSSA

Les fausses leçons de 1929

C'est fou, ce qu'on apprend à l'école. C'est fou, parce que cela n'a parfois qu'un rapport très lointain avec la réalité. Exemple frappant : la Grande Dépression des années 1930. A y regarder de près, les leçons qui en ont été tirées sont fausses. Et ces erreurs pourraient bien expliquer nos difficultés à comprendre la crise actuelle, et à en sortir. Petit tour d'horizon.

· La politique monétaire a asphyxié les entreprises

Après le krach de Wall Street le 24 octobre 1929, la banque centrale des Etats-Unis aurait fermé le robinet à liquidités, plongeant ainsi les banques et les entreprises dans le chaos. C'est faux. Dans la semaine qui a suivi le krach, la Fed a au contraire baissé son principal taux d'intérêt. Elle a aussi injecté massivement des liquidités. Elle a ensuite continué, ramenant son taux de référence à 0,5 % début 1931. L'économie américaine n'a donc pas été précipitée dans la crise par la politique monétaire. Elle y est allée toute seule, avec un système financier cassé par le krach. La première leçon financière de 1929, c'est qu'il faut réparer les banques.

Bien sûr, la Réserve fédérale a ensuite commis des erreurs dramatiques. Elle a relevé son taux d'intérêt pour garder son or, stoppé les injections de liquidités, replongé l'économie dans une profonde récession en 1937 en resserrant sa politique monétaire pour éviter l'inflation. Mais ce n'est pas elle qui a tué l'économie américaine au début des années 1930.

· La crise a entraîné le protectionnisme

L'effondrement de l'économie aurait provoqué l'adoption par le Congrès américain de la loi Smoot-Hawley relevant les tarifs douaniers sur plus de 20.000 produits, promulguée par le président Herbert Hoover le 17 juin 1930. La réalité est tout autre. La loi Smoot-Hawley vient d'abord de la guerre de 1914-1918. Les hommes partent alors pour les champs de bataille. Ils brûlent les terres où ils s'affrontent et ne cultivent plus les autres. La production agricole s'effondre. Mais comme il faut tout de même manger, l'Amérique augmente ses cultures pour nourrir l'Europe. A la fin de la guerre, les paysans européens délaissent le fusil pour la charrue. Avec une production qui remonte, les prix agricoles dégringolent et les paysans américains demandent des mesures de protection. Une seconde raison alimente les pressions protectionnistes : les progrès de l'industrie. Henri Ford ouvre la première chaîne d'assemblage automobile en 1913. Les colossaux gains de productivité pèsent sur les prix.

La première loi protectionniste est votée à Washington dès 1922. En 1928, Herbert Hoover remporte l'élection présidentielle en promettant de serrer la vis. Dans son discours inaugural début 1929, il affirme que cette promesse, « pour rendre justice à nos fermiers, nos salariés et nos industriels, ne peut pas être repoussée ». Bien sûr, la crise a amplifié les mesures protectionnistes. Mais le coup était parti bien avant.

· Puis le protectionnisme a entraîné la crise

La fermeture des frontières aurait provoqué l'implosion du commerce mondial, la dépression et in fine la guerre. L'économiste Alan Metzler affirme que le choc de la loi Smoot-Hawley a « contribué à convertir une ample récession en une profonde dépression ». Certes, chacun des deux événements de départ est indéniable. A partir de la loi, il y a bien eu une impressionnante vague de protectionnisme, puisque plus de soixante pays ont relevé leurs tarifs douaniers ou instauré des quotas. Et le commerce mondial a vraiment implosé, puisque le volume des échanges internationaux s'est effondré d'un tiers de 1931 à 1934.

Mais la fermeture a-t-elle vraiment causé la chute ? Il est permis d'en douter en éclairant 1929 à la lumière de 2009. Aucune mesure protectionniste d'ampleur n'a été prise jusqu'à présent, même si des coups de canif ont été donnés ici et là. Et pourtant, le commerce international s'effondre, comme au début des années 1930. Tous les industriels emploient la même expression : ils n'ont jamais vu une chute physique d'une telle ampleur. Les navires se raréfient sur les routes maritimes. La Chine a diminué ses importations de 43 % en un an, le Japon a subi une baisse de ses exportations de 35 %, l'Allemagne de 12 %. Si le commerce dégringole, ce n'est pas à cause des barrières, mais à cause de l'étouffement financier qui pousse chacun à se replier sur ses bases. Il s'est sans doute produit la même chose dans les années 1930. Avec ensuite une amplification du phénomène par la construction de barrières. Si la menace du protectionnisme ne doit pas être ignorée, elle ne doit pas non plus être amplifiée. Le vrai problème, une fois encore, est l'implosion financière.

· La dépense publique a sauvé l'Amérique

Avec son New Deal, Franklin Roosevelt aurait remis sur les rails l'économie des Etats-Unis. Cette leçon est essentielle... mais elle est loin d'être certaine. D'abord, son prédécesseur Hoover avait déjà laissé filer la dépense publique. Ensuite, si l'activité repart en 1934, elle rechute ensuite. En 1938, l'Amérique produit moins qu'en 1929 ! C'est en réalité l'effort de guerre qui relance vraiment la machine (comme un peu plus tôt en Allemagne), avec une explosion de la dette publique. Passée de 16 % du PIB en 1929 à 40 % en 1933, elle ne varie guère jusqu'en 1941 avant de tripler en cinq ans.

Aujourd'hui, les historiens débattent encore de la relance des années 1930. A la fin du XXIe siècle, leurs successeurs débattront peut-être de l'utilité des relances mises aujourd'hui en oeuvre. Les 150 milliards de dollars injectés l'an dernier par George Bush aux Etats-Unis n'ont provoqué qu'un hoquet d'achats. Les 3.000 milliards dépensés par les Etats des pays riches en cette année 2009 pour soutenir la consommation et l'investissement pourraient bien relever aussi du gâchis (le sauvetage d'entreprises asphyxiées est en revanche précieux, comme l'avait montré l'exemple Alstom en 2004). L'utilité économique de la relance budgétaire reste à prouver. Son utilité politique est à l'inverse évidente : elle montre que les gouvernants agissent ou plutôt réagissent. Par les temps qui courent, c'est peut-être nécessaire pour éviter la montée de populismes ravageurs.

· La dévaluation n'est pas la solution

Cette leçon-là est vraie ! Le 21 septembre 1931, le Royaume-Uni décide que la livre sterling n'est plus convertible en or après avoir subi de violentes attaques spéculatives sur les marchés financiers. La devise britannique dévisse aussitôt de 30 % face au franc. Plus de quarante monnaies suivent, y compris le dollar en 1933. Le chaos monétaire gagne le monde. Dès 1936, les pays des trois grandes monnaies mondiales - le dollar, la livre et le franc - signent une déclaration de coopération. Huit ans plus tard, les accords de Bretton Woods créent un système stable.

Le problème, ici, est que cette leçon risque d'être oubliée. Face à la crise, la tentation de la dévaluation revient d'autant plus fort que c'est le premier qui tire qui gagne. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, grand spécialiste de la crise de 1929, l'avait dit clairement en 2002 : « Il y a des cas où une politique de change a été une arme efficace contre la déflation. Un exemple frappant de l'histoire américaine est la dévaluation par Roosevelt du dollar contre l'or en 1933-1934 » qui « a permis de mettre fin à la déflation américaine remarquablement vite. » Le monstre de la dévaluation unilatérale pourrait bien refaire surface.

Ce petit tour montre que le monde n'est pas sorti de la crise de 1929 comme on le raconte. Nous devrons nous tourner vers des hérésies - mais, après tout, l'idée de nationaliser les banques en était une il y a à peine un an. Il faudra peut-être de l'inflation pour effacer un endettement devenu écrasant et donc une « euthanasie des rentiers », pour reprendre l'expression de Keynes. Il faudra peut-être accepter les préceptes de la vieille école autrichienne pour qui, comme l'explique Gérard Dréan, « la cause des crises n'est pas ailleurs que dans les booms qui les ont précédées » et donc « la seule réponse est la purge et le sevrage, nécessairement douloureux » (1). Seule certitude : pour sortir de la crise, il faudra penser autrement.

JEAN-MARC VITTORI

Ingérence financière

Malgré les plans et l'argent des contribuables, les gouvernements n'arrivent pas à mettre un terme à la crise financière. Les circuits du crédit sont bouchés, les pertes des banques s'accumulent, et il semble leur rester toujours des tonnes de produits toxiques à déclarer.

Le G20 convoqué à Londres en avril pour établir une nouvelle régulation financière internationale risque fort, si les positions n'évoluent pas, d'être un échec ou un demi-échec.

D'abord parce que deux camps se font face, le monde anglo-saxon et le continent. Les Britanniques et les Américains, dont les banques sont à l'agonie, considèrent qu'il faut d'abord sauver le malade avant de vouloir le rééduquer. L'urgence est de réanimer les circuits financiers. Si la finance ne reprend pas le chemin du crédit, les plans de relance économiques adoptés partout, aussi gros soient-ils, seront de l'eau dans le sable. Il faut tout faire pour réanimer le malade, et il n'est pas temps de venir l'ennuyer avec des nouvelles régulations. Sortez du bloc opératoire, et revenez plus tard !

Argument supplémentaire non avoué des urgentistes : les règles sévères de gouvernance des entreprises adoptées aux Etats-Unis après l'affaire Enron ont montré que la régulation fait fuir les marchés, leurs richesses et leurs emplois, dans d'autres lieux plus accommodants. Wall Street a perdu au profit de la City. Aujourd'hui, les deux places veillent sur leurs intérêts : point trop de régulation ne faut.

Face aux Anglo-Saxons, l'argument des continentaux est, comme toujours, d'ordre politique. Les opinions publiques ne comprennent pas pourquoi il faut verser des milliards aux banques coupables. Pour faire passer la pilule, les dirigeants politiques doivent montrer qu'ils sont déterminés à « changer les choses ». La politique doit reprendre du pouvoir face aux banques. Quant à cette concurrence entre places que défendent New York et Londres, c'est elle qui est responsable d'avoir engendré un dumping légal et fiscal débouchant sur le laisser-faire et sur la non-régulation d'une grande partie des acteurs financiers. Mais le G20 risque l'échec aussi parce que les deux camps font preuve de timidité. Contrairement à ce qu'ont sonné les trompettes officielles le week-end dernier, la réunion des vingt-Sept pays européens à Berlin pour préparer le G20 ne s'est pas bien passée. Poussés par le couple franco-allemand, pour une fois bras dessus-bras dessous, les dirigeants européens ont dénoncé de concert les « hedge funds » et les paradis fiscaux, « usual suspects » qui ne sont pourtant pas les responsables de la crise. Mais ils n'ont rien conclu de plus parce que, sur le fond, les Vingt-sept refusent toute avancée du fédéralisme financier. « Chacun maître chez lui », demeure la règle. Le doublement des fonds du FMI pour les porter à 500 milliards décidé à Berlin est utile en soi. Mais c'est aussi le signe que les Européens n'arrivent pas à s'entendre pour aider leurs propres cousins, les pays de l'Est, qui s'écroulent, et qu'ils comptent sur le Fonds monétaire pour le faire ! L'égoïsme des nations européennes fait leur impuissance.

Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI, vient de faire des propositions pour qu'enfin un organisme pan-européen de surveillance et de régulation bancaire soit créé. Avancée salutaire mais faite avec beaucoup d'appréhension, parce qu'il sait que les politiques refuseront de voir leurs banques dépendre d'une autorité fédérale.

Même timidité aux Etats-Unis. Citigroup, le numéro un, en est à son troisième plan de sauvetage et, finalement, l'Etat fédéral va devoir prendre 40 % de son capital. Le débat s'est ouvert sur des nationalisations (provisoires) en bonne et due forme. N'est-ce pas moins coûteux pour les contribuables ? Alan Greenspan, le gourou du laisser-faire, estime qu'elles sont nécessaires, mais Ben Bernanke, son successeur à la Fed, n'est pas de son avis. Jusqu'ici, le gouvernement de Barack Obama fait tout pour éviter de prendre le contrôle des banques.

Pour des raisons de protectionnisme ou des raisons idéologiques, les gouvernements n'osent pas prendre la main et s'octroyer un droit d'ingérence dans les comptes et les régulations bancaires. La crise qui s'aggrave les y conduit pourtant.

ÉRIC LE BOUCHER

jeudi 26 février 2009

BERD - Perte de E602 mlns en 2008 avec la chute des Bourses

La Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement a enregistré une perte de 602 millions d'euros en 2009 contre un bénéfice net de 1,9 milliard d'euros en 2007 en raison de la chute des Bourses émergentes.

La perte "résulte principalement de moins-values non matérialisées sur le portefeuille actions de la BERD, dont la valeur a baissé avec la chute des Bourses mondiales", écrit la banque dans un communiqué.

Cette perte, la deuxième enregistrée par la BERD depuis sa création en 1991, reflète les difficultés rencontrées par les économies des pays dans lesquels elle intervient.

L'indice MSCI Global des marchés émergents .MSCIEF a chuté de 55% en 2008 tandis que celui des pays d'Europe de l'Est MIEE00000PUS a plongé de 57%.

La BERD, créée pour faciliter la transition des anciene pays du bloc communiste d'Europe de l'Est vers l'économie de marché, investit principalement dans le secteur privé.

Sur les 5,1 milliards d'euros investis dans cette zone l'année dernière (contre 5,6 milliards en 2007), 36% ont bénéficié à la Russie et 6% aux pays de l'Est qui ont rejoint l'UE.

Les investissements dans les Balkans ont progressé de 16% à 534 millions d'euros et ceux dans les pays en "phase initiale de transition" comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kirghizistan, la Moldavie, la Mogolie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan ont augmenté de 14% à 586 millions d'euros.

La BERD doit investir sept milliards d'euros cette année afin de limiter les conséquences du ralentissement économique mondial. Elle devrait consacrer 3 milliards d'euros au secteur bancaire et financier en difficulté, 2,5 milliards d'euros aux infrastructures et à l'énergie et 1,5 milliard aux entreprises.

Pour financer ce programme, la banque prévoit d'emprunter jusqu'à 4 milliards d'euros cette année dont la moitié a déjà été levée, a précisé le vice-président de l'institution en charge des Finances, Manfred Schepers.

 La BERD a mis en place une nouvelle facilité de financement de 250 millions d'euros pour soutenir environ 25 entreprises de taille moyenne qui ont déjà bénéficié de ses concours.

La BERD a précisé être en discussion avec d'autres prêteurs internationaux au sujet du plan de sauvetage de 25,1 milliards de dollars orchestré par le FMI pour la Hongrie.

"Les problèmes au sein de la région sont intimement liés à ceux du reste de l'Europe et la solution réside dans une réponse coordonnée des autorités nationales et des institutions financières internationales", a déclaré le président de la BERD Thomas Mirow dans un communiqué.

La BERD est contrôlée par 61 pays actionnaires, la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement.

Ses fonds propres libérés ou pouvant être appelés atteignaient 26,3 milliards de dollars à la fin 2008 pour des engagements de prêts et un portefeuille titres de 15,1 milliards d'euros.

(Carolyn Cohn, version française Marc Joanny)  

Russie : une économie en perdition

Le ministre de l'économie russe vient d'annoncer que le PIB national a chuté de 8,8 % en janvier, soit bien plus que ce qui était attendu. On rappelle que le ministère prévoyait une baisse de 2,2 % en 2009. Pourtant, ce revers n'est pas une surprise. Au cours du mois dernier déjà, la production industrielle s'effondrait de 16 % sur un an pendant que les mises en chantier reculaient de 17 %. Tout le monde parle désormais de la crise la plus sévère de l'économie russe. Celle-ci reste pénalisée par la chute du cours des matières premières. Sans véritable support au niveau des fondamentaux, le rouble cède de sa valeur face a presque toutes les devises ? ses pertes sont désormais de 21 % face au dollar depuis le début de l'année. Les actions à Moscou dévissent quant à elles de 17 %. Afin de limiter la casse, le gouvernement implémente des baisses d'impôts, notamment via une réduction de la fiscalité des entreprises. Une enveloppe budgétaire de 50 milliards de roubles a été déployée ; une partie sera utilisée afin de prévenir des faillites dans le complexe militaro-industriel. Une augmentation des retraites et de l'indemnité chômage devrait voir le jour en 2009. Pendant ce temps, la banque centrale fait tourner la planche à billets. Au final, il apparaît que le système bancaire sert plus aujourd'hui à accumuler des dollars plutôt qu'à offrir des solutions de financement à une industrie à la peine. Dans ces conditions, tout rebond des valeurs russes semble prématuré.

FMI : Nouveau financement et priorité à l'assainissement des banques

Mettant en garde contre les graves retombées de la crise financière mondiale sur les pays émergents et à faible revenu, le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclare miser sur un doublement des ressources du FMI, à 500 milliards de dollars EU, et remercie les autorités japonaises pour avoir donné le ton en apportant 100 milliards de dollars EU. 

Répondant aux questions de la presse à l'issue de la rencontre du Groupe des Sept principaux pays industrialisés (G-7) tenue à Rome les 13 et 14 février derniers, M. Strauss-Kahn a rappelé que les pays industrialisés traversaient une grave récession et que celle-ci allait bientôt entraîner le reste du monde. 
Il a précisé que pour combattre la crise financière mondiale, outre les plans de relance programmés, il faudra impérativement restructurer les banques en difficulté et assainir le secteur financier. 
Dans un communiqué, les ministres du G-7 ont manifesté leur détermination à agir de manière concertée pour relancer l'économie mondiale et l'emploi et renforcer le secteur financier tout en rejetant les appels au protectionnisme. La rencontre du G-7 coïncidait avec le vote du Sénat des États-Unis en faveur d'un plan de relance de 787 milliards de dollars EU que le Président Barack Obama pourra désormais promulguer. 

Élargir les ressources du FMI 
Les ministres ont appuyé une proposition visant à accroître les ressources mises à la disposition du FMI pour aider les pays touchés par la crise, signalant dans leur communiqué : «Nous convenons qu'un FMI réformé, doté de ressources additionnelles, est crucial pour réagir de manière efficace et adaptée à la crise actuelle». 
Le FMI et le Japon ont signé à Rome un accord d'emprunt de 100 milliards de dollars. M. Strauss-Kahn a précisé qu'il entendait doubler les ressources permettant de financer des emprunts, pour les porter à 500 milliards de dollars EU [lire l'article sur le prêt du Japon]. 
Il a déclaré aux journalistes présents : «En termes concrets, le prêt du Japon est le résultat le plus important du sommet... Je tiens à remercier les autorités japonaises pour avoir donné le ton... Mon objectif reste de doubler les ressources (du FMI)... Il s'agit du prêt le plus important de l'histoire de l'humanité». 

Pourquoi le FMI a-t-il besoin de plus de fonds? 
Pour l'instant le FMI s'est engagé à prêter quelque 50 milliards de dollars EU à plusieurs pays touchés par la crise, dont le Belarus, la Hongrie, l'Islande, la Lettonie, le Pakistan, la Serbie et l'Ukraine. Un accord de précaution a été annoncé en faveur d'El Salvador le mois dernier et une équipe des services du FMI a engagé des négociations avec la Turquie. 
L'économie mondiale étant pratiquement au point mort et les flux d'échanges et de capitaux s'inscrivant en net retrait, M. Strauss-Kahn craint que les problèmes ne s'aggravent pour les pays en développement durant l'année à venir : «En 2009, les pays en développement vont connaître un véritable problème de financement d'une grave intensité». 
Le FMI doit être prêt à agir vu l'assèchement des flux de capitaux privés, car, selon lui, «les excédents qu'affichaient encore les pays émergents en 2008 vont fondre comme neige au soleil».

Fonds concessionnels 
Le Directeur général a rappelé que les pays à faible revenu vont souffrir des retombées de la crise mondiale. 
Il a ainsi précisé : «Je ne veux pas parler de financement sans parler des pays les plus pauvres. Je veux également doubler les ressources concessionnelles». 
Le FMI et la Banque mondiale prêtent aux pays à faible revenu à des conditions dites concessionnelles pour les aider à financer leur développement. 

Assainir les banques 
Avant la réunion, M. Strauss-Kahn a salué les mesures de relance budgétaire annoncées par plusieurs grands pays industrialisés et émergents, ajoutant qu'il était maintenant essentiel d'entreprendre leur exécution. 
À Rome, M. Strauss-Kahn a déclaré à la presse qu'il fallait maintenant franchir l'étape cruciale de l'assainissement du secteur bancaire : «Aujourd'hui le problème n'est plus vraiment celui de la relance, mais celui du secteur bancaire et de sa restructuration». 
«Les marchés du crédit demeurent perturbés... il est absolument nécessaire de restructurer le secteur financier.» 
«Nous devons vérifier la viabilité de chacune des banques, au cas par cas. Si une banque est viable, il faut l'aider en lui apportant des fonds publics. Si elle ne l'est pas, il faut l'aider à trouver un repreneur.» 

Une démarche délicate au plan politique 
M. Strauss-Kahn a reconnu qu'il est politiquement difficile de mobiliser une aide supplémentaire de l'État alors que l'on peut légitimement penser que c'est le secteur bancaire qui est à l'origine de la crise. Mais il est important de le faire, faute de quoi la reprise ne sera pas au rendez-vous. Le FMI a étudié 122 crises bancaires survenues dans diverses régions du monde et il en ressort que les bilans doivent être assainis pour permettre une reprise de l'activité réelle. 
«Le secteur bancaire ne peut commencer à prêter que lorsqu'il se sera allégé et assaini.»

© News Press 2009

mercredi 25 février 2009

Les dirigeants européens s'accordent pour encadrer le système financier

"Aucun marché financier, aucun produit financier, aucune partie prenante des marchés financiers ne doit être laissé sans règlementation", ont déclaré des responsables du gouvernement allemand en vue de la préparation du prochain G20.

Les dirigeants européens réunis dimanche 22 février à Berlin pour préparer le sommet du G-20 à Londres début avril sont d'accord sur la nécessité de règles d'encadrement du système financier et des fonds spéculatifs, ont déclaré des responsables du gouvernement allemand.
Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, et le président français Nicolas Sarkozy participent à la réunion de Berlin, avec leurs ministres des Finances.
Selon les responsables allemands qui ont requis l'anonymat, ces dirigeants sont convenus "qu'aucun marché financier, aucun produit financier, aucune partie prenante des marchés financiers ne doit être laissé sans règlementation, sans surveillance".

Sarkozy avait prévenu
Avant la réunion, le gouvernement allemand avait diffusé un projet de position commune, proposant un système pour améliorer la transparence sur les marchés financiers mondiaux, l'instauration de règles sur la rémunération des dirigeants d'entreprises ainsi qu'un rôle accru pour le Fonds monétaire international (FMI).
Samedi, Nicolas Sarkozy avait souhaité "que l'Europe se prépare à avoir une position commune" sur le sommet du G-20 qui ne soit pas "une position commune sur un faux compromis, un compromis au rabais".
"Je ne m'associerai pas à une réponse de circonstance dont les réponses ne seraient pas à la hauteur des attentes des populations à travers le monde", avait-il averti à l'intention de ses partenaires européens réticents.

Une aide accrue au FMI
"Nous avons décidé que les institutions internationales devraient avoir 500 milliards de dollars pour leur permettre non seulement de faire face aux crises mais aussi pour leur permettre de prévenir les crises", a déclaré M. Brown lors d'une conférence de presse commune.
Notamment le FMI, qui a souligné plusieurs fois ces dernières semaines que ses ressources disponibles, et donc sa capacité à prêter aux pays membres en difficulté, risquaient de s'épuiser si la crise économique perdurait.
"Les ressources du FMI doivent être doublées pour lui permettre d'aider ses membres rapidement et de manière flexible quand ils ont des difficultés", selon les travaux des chefs d'Etat. Le Japon a déjà annoncé son intention de prêter jusqu'à 100 milliards de dollars à l'institution.
Un expert gouvernemental européen a toutefois indiqué à l'AFP qu'au-delà de cette promesse, des divergences existaient encore entre Européens sur "comment on renforce (les) moyens" du Fonds.

NOUVELOBS.COM

Ben Bernanke rassurant, les marchés ont apprécié

La récession aux Etats-Unis pourrait durer au-delà de l'année 2009, a déclaré le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke qui a également dit qu'il pensait que les grandes banques américaines surmonteraient la crise sans être nationalisées.

La récession aux Etats-Unis pourrait durer au-delà de l'année 2009, a déclaré le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke qui a également dit qu'il pensait que les grandes banques américaines surmonteraient la crise sans être nationalisées.

S'exprimant devant la commission bancaire du Sénat, Bernanke a dressé un tableau sans concession, expliquant que l'économie risquait d'entrer dans un cycle infernal avec une croissance faible et des marchés financiers en grande difficulté si le système bancaire n'était pas stabilisé.

"Pour sortir de ce cercle vicieux, il est primordial de combiner la relance budgétaire avec une action gouvernementale forte destinée à stabiliser les institutions et les marchés financiers", a dit Bernanke.

"Si les mesures prises par l'administration, le Congrès et la Réserve fédérale parviennent à restaurer dans une certaine mesure la stabilité financière - et seulement dans ce cas, à mon avis - alors il y a une chance raisonnable que la récession en cours s'achève en 2009 et que 2010 soit une année de reprise",

Bernanke a dit qu'il était certain que les autorités avaient adopté la posture adéquate en prenant leur temps pour faire un diagnostic complet des principales banques américaines et en s'engageant à les recapitaliser si besoin en était.

"Nous ne pouvons pas garantir qu'aucune grande banque ne fermera, mais je suis persuadé que nos grandes banques peuvent être stabilisées."

Wall Street a salué les propos de Bernanke et le Dow Jones a clôturé sur une hausse de 3,32%, tandis que les valeurs bancaires ont été particulièrement entourées comme en témoigne les rebonds de Citigroup et Bank of America, respectivement de 21,5% et 20,97%, tandis que l'indice KBW des valeurs bancaires a pris 13,59%.

"Le plan mis au point par l'administration (Obama) soutenu par Bernanke semble être rationnel et le marché prend en compte le fait que cela pourrait fonctionner", commente Greg Palmer directeur du trading d'actions chez Pacific Crest Securities.

Bernanke a par ailleurs estimé que la dimension mondiale de la crise pourrait saper les exportations américaines et détériorer les conditions financières de manière plus forte qu'attendu.

La Fed, qui a ramené le coût du crédit à pratiquement zéro, maintiendra les taux d'intérêt à ce niveau exceptionnellement bas pour un certain temps, a indiqué Bernanke. Il s'est engagé à utiliser "tous les outils disponibles" pour relancer l'économie et remettre sur pied les marchés financiers.

Il a noté que le programme en cours de la Fed visant à acheter de la dette émise par les agences de financement des crédits immobiliers ainsi que des produits issus de la titrisation des crédit immobiliers ont contribué à faire baisser les taux d'intérêt des crédits immobiliers de près d'un point de pourcentage.

Les mesures prises par la Fed ont contribué à ramener une certaine stabilité dans certains secteurs des marchés financiers, a-t-il ajouté. Il a cité la réduction des tensions sur les marchés du financement à court terme, une amélioration des conditions sur le marché des billets de trésorerie et une réduction des spreads sur les risques des sociétés.

Il a également souligné que les tensions inflationnistes avaient très fortement diminué face à la chute des cours des matières premières.

"Quoiqu'il en soit, malgré ces développements favorables, des tensions importantes persistent sur de nombreux marchés", a affirmé le président de la Fed. "Notamment, le marché de la titrisation reste pour l'essentiel fermé", a-t-il dit.

Mark Felsenthal, version française Clément Dossin et Danielle Rouquié

lundi 23 février 2009

BNP Paribas : élue 6 ème banque privée mondiale

BNP Paribas vient d'être élue par Euromoney 6ème banque privée mondiale. Le Groupe explique que cela représente "une avancée par rapport à l'année précédente". BNP Paribas conserve cette année sa première place en France.

Pour François Debiesse, Responsable de BNP Paribas Wealth Management déclare : "Cette évolution dans le classement est une grande satisfaction. BNP Paribas, par sa stabilité et la poursuite de son développement, a franchi une marche importante dans son environnement. Nous restons plus que jamais à l'écoute de nos clients pour leur apporter les produits et services adaptés au nouveau contexte économique mondial".

(C)  Finance  Plus

Les banques d’Europe centrale sous le choc

Depuis plusieurs semaines, les monnaies locales des pays membres de l’Union européenne décrochent. Le forint hongrois, le zloty polonais, la couronne tchèque, le leu roumain ont atteint des planchers face à la devise européenne. Seules la Slovaquie et la Slovénie, qui ont déjà adopté l’euro, surnagent, péniblement. Ailleurs, les faiblesses structurelles des ex-pays communistes resurgissent dramatiquement sous les coups de boutoir conjugués de la conjoncture et de la frilosité croissante des investisseurs occidentaux.

«Comparés aux marchés émergents de l’Asie orientale et de l’Amérique latine, les nouveaux membres de l’UE sont très vulnérables, avec une dette publique importante, des réserves peu élevées en devises étrangères, des marges de manœuvre restreintes dans leur politique de change, et des banques dépendant davantage des économies à l’étranger que de l’épargne locale», souligne Indermitt Gill, économiste en chef de la Banque mondiale. Premiers investisseurs et partenaires commerciaux, les pays de l’Ouest ont placé sous dépendance les économies locales, provoquant une appréciation excessive de leurs monnaies. Les banques occidentales qui avaient racheté la plupart de leurs homologues à l’Est ont commencé à rapatrier une partie de leurs capitaux pour défendre leur propre solidité.

Ce protectionnisme bancaire, combiné à une menace de protectionnisme commercial dans le secteur automobile, est une véritable catastrophe pour l’Europe centrale et orientale. Avec la restriction des crédits et la dépréciation des monnaies non arrimées à l’euro, entreprises et particuliers voient leur endettement en devises étrangères exploser. Difficile dans ces conditions de restaurer la confiance, déjà fluctuante avant la crise, en stimulant l’épargne locale pour compenser la fuite des capitaux étrangers.

Coupes budgétaires

Dans le même temps, les gouvernements ont décidé de faire de larges coupes budgétaires très impopulaires, comme en Bulgarie, en Ukraine et en Hongrie. Cette dernière a déjà bénéficié d’une aide de 20 milliards d’euros de la part de l’Union européenne et du FMI, accordée à la condition expresse de se serrer la ceinture en matière de dépenses publiques.

Budapest, avec l’appui de Vienne, plaide depuis fin janvier pour un grand plan d’aide paneuropéen pour l’Est, de l’ordre de 100 milliards d’euros. L’Autriche, dont les banques sont engagées à hauteur de 230 milliards d’euros, soit l’équivalent de 90 % de son PIB, détient 20 % du marché bancaire des ex-économies communistes, devant la France, l’Allemagne et l’Italie. Ses plus grandes banques sont elles-mêmes singulièrement exposées face au risque d’insolvabilité de leurs filiales. Mais la perspective d’une injection massive de capitaux pour sauver les pays de l’Est entrés dans l’UE à partir de 2004, ne suscite guère l’enthousiasme à l’Ouest.

Maurin Picard

Citigroup partiellement nationalisé ?


  • Selon le Wall Street Journal, l'ex-leader mondial de la banque pourrait être nationalisé à hauteur de 40%, via la transformation des actions préférentielles que l'Etat détient dans la banque en actions ordinaires.

    La nationalisation sera-t-elle l'issue finale de la restructuration du secteur bancaire américain ? Selon le Wall Street Journal, les autorités américaines pourraient monter à hauteur de 25 à 40% au capital de Citigroup, lesquelles répondraient ainsi aux responsables de la banque qui auraient fait cette proposition aux autorités de régulation. Citant des personnes « familières avec la situation », le journal indique toutefois qu' « il est possible que les pourparlers échouent ».

    Si tel n'était pas le cas, le gouvernement pourrait se retrouver « en possession d'actions ordinaires de Citigroup jusqu'à hauteur de 40% ». Selon le Wall Street Journal, les dirigeants de la banque espèreraient néanmoins une part du gouvernement qui se situerait plutôt autour des 25%.

    Selon le quotidien, l'Etat n'injecterait pas de fonds supplémentaires dans Citigroup, mais transformerait une large partie des actions préférentielles, qui ne lui donnent pas de droit de vote mais rapportent un dividende, en actions ordinaires. Ceci provoquerait de facto une dilution des autres actionnaires, une perspective qui avait provoqué la chute des valeurs bancaires américaines la semaine dernière. Citigoup avait notamment perdu plus de 40% en une semaine et Bank of America plus de 30%.

    Demi-surprise

    Ces informations ne constituent en effet qu'une demi-surprise : depuis quelques jours, des économistes influents s'étaient prononcés en faveur d'une nationalisation temporaire des banques particulièrement affectées par la crise, à l'image d'Alan Greenspan - l'ex-patron de la Fed ou encore de Nouriel Roubini, célèbre pour avoir en partie prévu la crise. Du coup, depuis quelques jours, on avait assisté à une multiplication des rumeurs au sujet d'une possible nationalisation de banques et notamment de Bank of America et Citigroup, deux institutions financières qui ont, ces derniers mois, été recapitalisées par l'Etat américain à hauteur de 45 milliards de dollars chacune. Si pour l'heure Bank of America a démenti, via un porte-parole, l'hypothèse de toutes discussions de ce type, les économistes parient de plus en plus sur une prise de contrôle implicite de l'Etat sur une partie du secteur bancaire.

    Des zones d'ombre continuent néanmoins de planer sur le rôle que pourrait jouer l'administration dans la gestion de la banque, tout comme sur l'avenir du directeur général de Citigroup Vikram Pandit et de son conseil d'administration. Pour l'instant, l'équipe d'Obama continue d'affirmer ses convictions en un système bancaire privé. «L'administration continue à croire fermement qu'un système bancaire privé correspond à la voie à suivre», avait déclaré le porte-parole de la présidence Robert Gibbs.

    Sylvain D'Huissel (lefigaro.fr) 
    23/02/2009

dimanche 22 février 2009

Les dattes de Tunisie, 3ème poste d’exportation de produits agricoles


APA, Tunis (Tunisie) Le secteur des dattes en Tunisie occupe le troisième rang dans les exportations des produits agricoles après l’huile d’olive et les produits de la mer, a appris APA de source officielle.

Dans un rapport de l’Agence de promotion des Investissements agricoles (APIA) et du Groupement interprofessionnel des Fruits (GIF), la production de dattes a atteint 145 000 tonnes de dattes (dont 96.000 tonnes sont de variété « Deglet Nour») pour la saison agricole 2008/2009, contre 124 000 tonnes enregistrées durant la saison précédente, soit une augmentation de 17%.

Le secteur des dattes représente 5% de la valeur globale de la production agricole et 16% de la valeur globale des exportations agricoles.

Les dattes tunisiennes occupent le quatrième rang mondial en termes de quantités exportées et la première position concernant les revenus en devises étrangères.

Une étude de l’expert français Michel Timsit, a mis en place un programme visant à promouvoir davantage la variété Deglet Nour.

Cette étude a été élaborée dans le cadre d’un projet visant la consolidation des services agricoles qui sont financés en partie par la Banque mondiale, l’amélioration de la qualité des produits agricoles, la promotion de la commercialisation et de l’exportation de Deglet Nour.

Le gros effort est centré sur la réorganisation du secteur, le conditionnement et l’adaptation du produit aux exigences des marchés à l’export, a précisé l’expert.

il s’agit notamment de l’amélioration de la qualité et des méthodes de commercialisation en vue de faire face à la concurrence de pays comme l’Algérie ou le Maroc et de pénétrer de nouveaux marchés ».

L’étude a jugé nécessaire d’assurer un "meilleur positionnement, l’identification d’un circuit de distribution et la promotion des bienfaits de ce produit ».

samedi 21 février 2009

Strauss-Kahn prévient que la croissance mondiale pourrait être réduite à zéro en 2009


Le directeur du FMI avait déjà abaissé à 0,5% ses prévisions. Selon lui la croissance pourrait repartir en 2010 si "l'assainissement du secteur financier " est approfondi.

La croissance mondiale pourrait être réduite à zéro a prévenu le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn dans le quotidien Les Echosdu jeudi 19 février.
Le FMI a déjà abaissé fin janvier sa prévision de croissance mondiale à 0,5% pour cette année, avec une récession de l'ordre de 2% dans les pays riches, "et les chiffres qui sont tombés depuis ne sont pas bons", a-t-il ajouté.

La récession pourrait "s'aggraver"


"La prochaine prévision du FMI, dans trois mois, pourrait bien s'approcher de zéro", avec "un risque que la récession s'aggrave" dans les pays développés, a précisé Dominique Strauss-Kahn.
Il a répété que début 2010 serait "peut-être le moment du retournement" de la conjoncture, si "l'assainissement du secteur financier et le nettoyage du bilan des banques" est approfondi et accéléré, surtout en Europe, "où la mise en oeuvre reste lente".

Les banques ne sont "pas en situation de prêter"


Dominique Strauss-Kahn s'est exprimées sur les banques, régulièrement accusées de ne pas répercuter l'aide reçue et la baisse des taux d'intérêt des banques centrales sur leur offre de crédit.
Le patron du FMI a jugé que "si Renault et Peugeot ne trouvaient pas de financement, ce n'était pas une question de mauvaise volonté, c'est que les banques n'étaient pas en situation de prêter".
Il a par ailleurs estimé que le G20 allait probablement devenir une "sorte d'organe de gouvernance mondiale" mais qu'il fallait l'élargir à des pays africains et du Moyen-Orient car "en terme de légitimité, avoir les vingt plus gros Produit intérieurs brut (PIB) mondiaux ne suffit pas".
Au sommet du G20 du 2 avril à Londres, il a dit attendre des décisions "sur la régulation financière ou la sortie de crise", et espère "une modification des instruments et du fonctionnement de la gouvernance mondiale, notamment au niveau du FMI".

Les autorités américaines accusent le milliardaire texan Allen Stanford de "fraude massive" portant sur huit milliards de dollars

Les autorités boursières américaines ont révélé mardi 17 février une nouvelle affaire de fraude portant sur huit milliards de dollars impliquant un grand nom de la finance au Texas, deux mois après les aveux du New-Yorkais Bernard Madoff, accusé d'une escroquerie de 50 milliards.
Robert Allen Stanford a vu ses actifs gelés, ainsi que ceux de trois de ses sociétés.
L'une d'elles, la Stanford international bank, basée à Antigua, aurait vendu, selon le gendarme américain de la Bourse (SEC), pour huit milliards de dollars de certificats de dépôts, en promettant aux investisseurs des rendements particulièrement élevés, qui aurait permis à l'établissement depuis quinze ans d'enregistrer des retours sur investissement à deux chiffres.
La SEC n'évoque pas directement de "schéma de Ponzi", ce système de fraude pyramidale permettant de payer les premiers investisseurs grâce aux apports des investisseurs les plus récents, mais l'affaire rappelle toutes les affaires de "mini-Madoff" révélées depuis l'arrestation en décembre de Bernard Madoff.

Rapatriement des fonds gelés


Ce dernier est accusé d'une fraude pyramidale portant sur 50 milliards de dollars.
Début février, un financier qui avait alerté les autorités sur le cas Madoff dès 2000, Harry Markopolos, avait révélé lors d'une audition à la Chambre des représentants qu'il avait connaissance d'une autre fraude se chiffrant au moins à un milliard de dollars, sans citer de nom.
Contacté par l'AFP, un porte-parole du Stanford financial group, la maison mère des sociétés de M. Stanford, s'est refusé à tout commentaire.
Une porte-parole de la SEC à Fort-Worth (Texas, sud), Rose Romero, a indiqué de son côté qu'un juge fédéral de Dallas (Texas) avait placé mardi l'établissement sous la tutelle d'un avocat.
La SEC avait obtenu dès lundi du juge Reed O'Connor diverses mesures contraignantes contre Robert Allen Stanford, la SIB et deux sociétés de conseil en investissement à son nom, Stanford Group Company et Stanford Capital Management.
Le juge O'Connor a également ordonné le rapatriement aux Etats-Unis des fonds gelés, pour assurer la compétence de la justice américaine dans cette affaire.

"Sir Allen"


Le Wall Street Journal s'était fait l'écho ces derniers jours des démarches à Antigua de plusieurs clients de la SIB pour récupérer leurs fonds, sans succès: ils se heurtaient à des employés leur indiquant qu'il faudrait attendre plusieurs jours pour effectuer les procédures nécessaires.
La SIB revendiquait en juin 8 milliards de dollars d'actifs, contre seulement un milliard en juillet 2001, ainsi qu'une clientèle et une gamme de produits financiers "très exclusives". Sa maison-mère Stanford Financial Group revendique des clients dans 140 pays, et des actifs sous gestion s'élevant à 50 milliards de dollars
La SIB avait annoncé, "faussement" selon la SEC, qu'elle n'était exposée "ni directement ni indirectement" à la fraude de Bernard Madoff, afin de calmer l'inquiétude de ses investisseurs.
Allen Stanford, la moustache avenante sur la photo publiée sur le site internet du Stanford Financial Group, se fait appeler "Sir Allen", à la suite de son anoblissement en 2006 par l'Etat d'Antigua et Barbuda, dont il a acquis la nationalité.
Il est le petit-fils du fondateur de la première "Stanford Company", fondée en 1932 au Texas, et réside aux Iles vierges américaines, selon sa biographie officielle, où il reprend à son compte la philosophie de son grand père Lodis: "travail dur, vision claire, et valeur pour les clients".

vendredi 20 février 2009

Les Cinq Piliers de la Finance Islamique

1. Le principe d’interdiction de l’intérêt : aucune transaction financière n’autorise le paiement ou la réception d’intérêts (riba).

2. Le principe de partage des profits et des pertes: les parties à une transaction financière doivent partager les risques et les rendements y afférent.

3. Le principe d’interdiction de l’incertitude : l’incertitude quant aux termes d’un contrat financier est bannie, mais pas le risque en tant que tel. Par conséquent, la spéculation (gharar) est interdite. Les contrats dérivés sont donc difficilement envisageables.

4. Le principe d’existence d’un actif sous-jacent : toute transaction financière doit être sous-tendue par un actif tangible identifiable.

5. Le principe d’interdiction des actifs illicites: aucune transaction financière ne doit être dirigée vers des secteurs non conformes à la Charia, comme les boissons alcoolisées, le tabac, les jeux d’argent…

Tendance à la baisse

La Banque Centrale de Tunisie a décidé de baisser son Taux Directeur de 0,75% pour le ramener de 5,25% à 4,3% et ce à partir du 17/02/2009.

Association des diplômés de « l’institut des techniques de Banque » de Paris

En temps de crédit rare et cher, et quand le commerce international devient capricieux et exposé, le mieux est de s’en remettre à son banquier.

Samedi 7 février c’était matinée laborieuse chez les banquiers sur décret de Riadh Borjini, président de l’association des anciens diplômés de l’ITB de Paris.
Le thème du jour, qui les a fait accourir, est tout à fait d’actualité. Il s’agissait de plancher sur les instruments de paiement internationaux. La crise a mis le marché bancaire international à rude épreuve. Les crédits se font rares, les banquiers deviennent sélectifs, les taux de marge flambent, la vigilance est de mise et le risque est omniprésent.

Haro sur les instruments de couverture
En temps d’incertitude, autant se couvrir. L’assurance crédit à l’export se fait parcimonieuse étant donné que les défaillances sont fréquentes. Par conséquent les entreprises qui opèrent à l’international pour vendre et acheter ont plus de difficultés pour trouver des financements. Les banquiers serrent le robinet.
Comment dés lors se frayer son chemin et faire de manière à maintenir « business as usual ». Plus que jamais la proximité avec le banquier devient une mesure de sagesse. Les consulter devient une marque de prudence et un signe des temps.
L’expertise du financement c’est leur affaire et par gros temps il faut leur tendre l’oreille. Banquier est prudent par nature. Il est contre l’aventure et par-dessus tout déteste l’amateurisme.
En matière de commerce international, ne pas improviser mais se faire prendre en main par son banquier. Moins prodigue en crédit, le banquier n’est pas avare en conseils. C’est le compagnon de route idéal et incontournable, devrons-nous ajouter.
Partenaire de bonne fortune, en temps de vaches grasses, il devient un bouclier en temps de disette. Les banquiers, indépendamment de leur aversion congénitale du risque ont cette expertise à savoir composer avec le risque et l’évacuer. Leurs conseil est toujours précieux. Or les banquiers mettent toujours en avant les techniques de couverture contre le risque. Ils développent en la matière une véritable ingénierie. On peut s’en remettre à eux. En marge de ce séminaire nous avons interviewé en exclusivité l’un des conférenciers.
L’EXPRESSION 
Beya Zaiem

mercredi 18 février 2009

Pascal Lamy s’improvise en épicier



Qu’est ce que c’est que l’OMC par rapport au système financier international ?
Ce n’est rien qu’une épicerie. Humble, Pascal Lamy, invité de l’émission « Internationales » de TV5, a essayé de tirer son épingle du jeu...

Pourtant, on pensait que l’OMC, héritière de la défunte GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) était le cadre mondial du libéralisme moderne. N’est-ce pas la structure qui est censée fixer les règles pour l’accomplissement de tout le flux des échanges commerciaux dans leurs diverses variantes industrielles, agricoles et de services. L’organisation n’est-elle pas, par ricochet, au cœur du système économico-financier planétaire ? Son chef, ne semple pas, en tout cas, l’approuver. En ces temps de crise, il a préféré faire profil bas, réduisant le périmètre d’intervention de l’organisation dont il a la charge et la comparant à une simple épicerie.

Au-delà de l’aspect cocasse de l’analogie, les propos de Lamy prouvent, si besoin est, que l’ordre économique mondial marche bien sur la tête. Les illustres structures qui sont censées le régir et le gérer, se révèlent impuissantes, et dépassés par l’ampleur des dérives qui ont conduit la planète à la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

S’il ne présente pas la solution miracle pour sortir du bourbier, pas moins que l’armada des experts et économistes qui peinent à entrevoir le bout de tunnel, Pascal Lamy, en épicier averti, met en garde contre les tentations protectionnistes qui sont en train de s’emparer de certains gouvernements. Une telle démarche dénoterait, pour le paraphraser, d’une certaine naïveté dont le résultat est de mener ceux qui la suivent à l’isolement voire à l’autarcie. Ce qui casserait l’élan des échanges mondiaux qui sont le seul élément qui marche, et qui génère de la croissance en ces temps de vaches maigres.

Donc pas de frilosité excessive ni de retour au Moyen-âge. Que faire ? Le directeur général de l’OMC, qui tangue entre socialisme et libéralisme, préconise l’ouverture économique, et non la libéralisation, synonyme de dérégulation. L’économie doit être dotée de mécanismes de contrôle et de régulation, ce qui sous-tend la présence d’un Etat fort et non interventionniste. Le chef de l’OMC préconise, par ailleurs, l’institution d’un système social fort et collectif, à même de prévenir la tendance grandissante vers l’épargne individuelle, un frein à la consommation et à la croissance.

Une heure de débat, utile, où différents aspects de la crise économique ont été évoqués. Sans aucune certitude toutefois. Sauf celle de la profondeur, et de la gravité de la crise, qui a tout l’air de s’inscrire dans la durée. Et les pays en voie de développement ? La crise a fait oublier aux pays riches leurs devoirs à leur égard. L’aide publique au développement serait-elle gelée ? On n'en parle plus en tout cas depuis un bon bout de temps. Pascal Lamy, qui se veut être l’ami des pauvres et des riches, n’est pas d’accord pour que l’argent destiné à l’aide publique au développement soit récupéré par les bailleurs de fonds. D’autant que les pays pauvres subissent de plein fouet les retombées d’une crise dont ils n’étaient aucunement responsables. Mais, l’épicier ne paraît pas avoir un quelconque pouvoir coercitif pour pouvoir rappeler à l’ordre des Etats pingres et égocentriques.

"source gnet.tn"

Endettement des ménages en Tunisie : la cote d’alerte

Le recours au crédit explose en Tunisie. Il se présente dans ses formes classiques ainsi que sous de nouvelles formules encore plus insidieuses. Encouragés par une offre pléthorique de la part des banques et des commerces spécialisés dans la vente à tempérament, les Tunisiens ne résistent plus aux tentations les plus démesurées. De l’appartement au téléphone portable en passant par la voiture, la télévision et autres biens d'équipements, quelque 800 mille ménages appartenant à la classe moyenne usent et abusent des prêts pour satisfaire leurs envies par ces temps de poussées inflationnistes. La plupart d’entre eux ont plus d’un tour dans leur sac pour contourner l’obstacle de la capacité d’emprunt fixée à 40% par les banques. Attention danger ! Les indicateurs passent rapidement au rouge.

Haykel est un cadre supérieur dans une entreprise . Il y a quatre ans, il a convolé en justes noces. Deux années plus tard, il a acheté un appartement de 130 m2 à la Cité Ennasr, financé presque entièrement par un crédit auprès de la Banque de l’Habitat (BH) grâce à un compte épargne logement qu’il a ouvert en commun avec sa femme, enseignante. Début 2008, le jeune couple s’est offert une voiture : une Mégane flambant neuve acquise moyennant un prêt accordé par la même banque. Après la naissance de leur premier enfant, le couple qui ne roulait pourtant pas sur l’or a dû contracter un nouveau crédit de 3000 dinars pour couvrir les frais d’accouchement et de séjour dans la clinique et l’achat de nouveaux vêtements pour le poupon.
A première vue, cette jeune famille a tout pour être heureuse et susciter la jalousie. D’ailleurs, beaucoup parmi les collègues de Haykel lui envient sa résidence haut standing, acquise à près de 150 mille dinars et sa voiture rutilante. La réalité est pourtant toute autre : la vie de cette famille relève d’un confort de façade, une vie à crédit. Pire: les ambitions démesurées des deux époux a fait de leur vie un feuilleton de tension. L’un reprochant à l'autre d'être trop dépensier. "Notre vie est devenue un cauchemar. On ne sait plus comment s'en sortir pour subvenir aux besoins en nourriture et régler les factures salées à la fin du mois. On est arrivé à l'impasse et à chaque fois qu’on tente un nouveau montage financier, c'est pour être happés davantage par la spirale infernale de l’endettement », regrette Haykel qui préfère "noyer" son chagrin dans l'alcool au lieu d'affronter une situation qui empire de jour en jour.

La situation peu envieuse de cette famille pourtant peu nombreuse est l’illustration parfaite des ravages de la facilité de l’accès au crédit au niveau des ménages tunisiens. Contracter un ou plusieurs crédits, tous genres confondus, est devenue désormais une chose aisée. Même si les banques ont été sommées par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) d’appliquer des règles très rigoureuses en matière de gestion du risque du crédit dans la perspective d’une adhésion à l’Accord de Bâle II à l’horizon de 2010, les Tunisiens ont plusieurs tours dans leur sac pour augmenter leur capacité d’emprunt limitée à hauteur de 40% de leurs revenus mensuels. Il suffit de recourir aux commerces proposant la vente par tempérament, de jongler pour contracter des crédits auprès de plusieurs établissements (banques, leasing, caisses sociales, mutuelles…) dans un laps de temps assez court.
Les Tunisiens qui adoptent un mode de consommation proche de celui des pays développés, recourent au crédit bancaire pour constituer leur patrimoine et même pour couvrir leurs dépenses courantes. Aussi bien pour l’achat d’un logement que pour l’acquisition de meubles ou de produits de consommation courante, le crédit représente la solution idoine, même pour les catégories de population plus ou moins aisées. A telle enseigne que l’endettement des ménages progresse depuis quelques années à une vive allure. Le nombre total de la population active vivant à crédit est ainsi passé de 50000 personnes en 2003 à plus de 800000 en 2008. Un record historique !

Selon les chiffres de la Centrale des crédits à la Banque centrale de Tunisie, l’endettement global des particuliers auprès des banques a totalisé en 2008 quelque 8,2 milliards de dinars contre 5,9 milliards de dinars en 2007. 65,2% du volume total des crédits ont servi, à acquérir des logements neufs et à financer des extensions d’anciens logements. Les crédits à la consommation (2,9 milliards de dinars) représentent 31,10% du volume total des prêts.

Les diverses statistiques disponibles sur le volume des crédits accordés aux particuliers ne représentent en réalité que la partie visible de l’iceberg. Les crédits fournisseurs (vente à tempérament) explosent. « Cette pratique qui avait été démocratisée au début des années 2000 par l'ancien géant de la distribution Batam, qui a fini par mettre la clef sous la porte, a plus que jamais le vent en poupe. Et c’est là que le bât blesse, puisque les commerces spécialisés dans la vente à tempérament ne disposent pas des systèmes informatiques leur permettant de mesurer le degré de solvabilité de leurs clients», s’inquiète un responsable du servie crédit à Attijari Bank. De même, les prêts accordés par les caisses sociales, les mutuelles et les fonds sociaux au niveau de plusieurs sociétés ne sont pas comptabilisés dans la mesure des ratios d’endettement des ménages tunisiens.

Quoi qu’il en soit, l’endettement des ménages prend de plus en plus des proportions inquiétantes. De nombreux experts pensent que la cote d’alerte est atteinte et plaident pour une législation conte "l’abus du crédit" comme c’est le cas dans plusieurs pays, dont la France. A défaut d’une législation plus rigoureuse, c’est la stabilité des ménages qui se trouve menacée, de même que les établissements de crédit qui risquent de prendre les impayés en pleine tronche dans les années à venir..
"businessnews.com"

المفاوضات الاجتماعية في القطاع البنكي والتأمين

اتفاق على زيادة الأجور في التأمين بـ 5,64%... وخلافات في القطاع المصرفيمن ناحية أخرى، تستمر الجلسات التفاوضية في القطاع البنكي، خصوصا في جانبها الترتيبي، وسط خلافات كبيرة بين طرفي التفاوض حول جملة من الملفات، سيما تلك المتعلقة بالفصل 12 من الاتفاقية المشتركة، وهو الفصل الذي أثار الكثير من المناقشات بين الطرفين دون التوصل إلى حدّ الآن إلى حلول بشأنه.. لكن بعض الأوساط النقابية، لا تستبعد إمكانية حسم هذا الخلاف في غضون المدة القليلة المقبلة.. وكانت جامعة البنوك والتأمين التابعة لاتحاد الشغل، عقدت هيئة إدارية قطاعية في الآونة الأخيرة، تدارست فيها مختلف القضايا والملفات ذات العلاقة بالقطاعين، البنكي والتأمين، تم خلالها التلويح بالتحرك النضالي إذا ما لم تقع الاستجابة لمطالب الموظفين والعاملين في البنوك، خصوصا وأن المفاوضات بين الجانبين في هذا الملف، لم تنته إلى أرضية مشتركة إلى حدّ كتابة هذه الأسطر.. وحرص الجانب النقابي في مفاوضاته مع الجمعية المهنية للبنوك والتأمين، على أن تكون لمطالبه معايير تفاوضية، بينها مردودية القطاع والوضع العالمي وغلاء المعيشة وارتفاع الأسعار.. وكانت الجامعة النقابية، طالبت في وقت سابق بزيادة محددة من كتلة الأجور تلبي تطلعات القطاع، إلى جانب المطالبة بتعديل المنح في القطاع العمومي، فيما قدّمت الجمعية المهنية مقترحات وصفها الطرف النقابي بكونها "غير مرضيّة وهزيلة"، الأمر الذي كان سببا في تعطيل سير المفاوضات في الجانب المالي.. الجدير بالذكر في هذا السياق، أن المفاوضات الاجتماعية، أسفرت إلى حدّ الآن عن توقيع ما يزيد عن 34 اتفاقية إطارية مشتركة في القطاع الخاص من بين 52 اتفاقية يجري حاليا التفاوض بخصوص البقية، وسط توقعات بإتمامها قبل نهاية الشهر الجاري.. وتتمحور المطالب الترتيبية في بقية القطاعات (في القطاع الخاص) بالأساس، حول أولوية الانتداب وحماية المسؤول النقابي، ..والساعات الخاصة بالتكوين النقابي، إلى جانب الزيادة في الأجور والمنح وغيرها 
"الصباح"

lundi 16 février 2009

Les perspectives économiques inquiètent les consommateurs américains


L’opinion des consommateurs américains sur l’économie s’est détériorée plus que prévu en février, les deux tiers des répondants s’attendant à ce que le ralentissement économique dure encore cinq ans.
Selon un rapport préliminaire de Reuters et l’Université du Michigan, publié vendredi matin, l’indice global de l’opinion des consommateurs (« consumer sentiment ») a chuté à 56,2 de 61,2 en janvier, malgré les attentes des économistes qui tablaient sur un résultat de 60,2.
Les répondants sont néanmoins plus positif quant à la situation actuelle, cet indice grimpant à 69,2 de 66,5 précédemment. Toutefois, l’indice des perspectives économiques a chuté à 49,1 en février de 57,8 au mois précédent - son plus bas niveau en 23 ans.
Le rapport note également une diminution des attentes inflationnistes pour les États-Unis, les consommateurs s’attendant à un taux de 1,6 % pour les 12 prochains mois et 3,0 % pour les cinq prochaines années. En janvier, ces attentes étaient de 2,2 % et 2,9 % respectivement.
Par Megan Ainscow, mainscow@economicnews.ca, édité par Sarah Sussman, ssussman@economicnews.ca, traduit par Jean-Philippe Gravel, jpgravel@economicnews.ca

Tunisie: 3 millions d’utilisateurs internet

L’Opérateur national pour les services internet et fournisseur d'accès en Tunisie a mis à jour les Statistiques relatifs à l’utilisation de l’internet en Tunisie :
Selon les chiffres fournis par l’ATI (décembre 2008) il existe 281.257 abonnés au réseau internet dont 227.303 bénéficient de connexion à haut débit.
387.576 de compte email 2.800.000 utilisateurs 11.501 noms de domaine 6.467 sites web.

dimanche 15 février 2009

La Tuniso Emiratie Sicav en tête des rendements sur 2008

Avec un rendement de 4.70% sur l’année 2008, la Tuniso Emiratie SICAV vient en tête des SICAV obligataires, enregistrant ainsi une performance remarquable. « Malgré sa récente création (mai 2007), elle ne cesse de multiplier ses ressources et d’enregistrer de bons résultats », estiment des analystes financiers.

A noter que le taux moyen de rendement des SICAV obligataires sur l’année 2008 (qui sont au nombre de 24), s’est établi au niveau de 4.14%.

La Banque de Tunisie et des Emirats (BTE) est l’organisme fondateur et le dépositaire de la Sicav.

Tunisie : le taux d'inflation se stabilise à 3.5% en janvier 2009

Le taux d’inflation en Tunisie s'est stabilisé à 3.5% en janvier 2009, selon l'indice des prix à la consommation familiale établi par l'Institut National de la Statistique (INS).
C'est exactement le même taux que celui du mois de janvier 2008, précise l'INS mardi dans son site électronique.
Le poste habitation qui figure en tête avec 6.0%, talonné par celui de l'entretien, hygiène et soins avec 5.9%, viennent ensuite le transport et l'habillement (4.0%), les loisirs, culture et divers (2.1%) et enfin l'alimentation (1.8%).
Hors énergie, le taux total d'inflation se situe cependant à 3. 1%. En effet, le poste é nergie tient toujours le haut du pavé avec 9.7%.
Par rapport au mois de décembre 2008, la variation est de -1% à l'échelle de l'indice en son entier.
Ces variations oscillent entre 0.1% pour l'habitation et 0.8% pour le transport comme valeur maximale, en passant par l'alimentation et l'entretien, hygiène et soins ainsi que l'habillement: 0.4% alors que les loisirs, culture et divers enregistrent un glissement de 0.2%.

Xinhuanet

samedi 14 février 2009

Taux en baisse ? La BCE dit «non», la BoE dit «yes»

Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, confirme sa volonté de «faire une pause» en février en matière de baisse de son principal taux directeur. Un peu plus tôt, la Bank of England avait à nouveau tranché dans le vif, avec un taux à 1 %. Un nouveau plancher historique pour Sa Gracieuse Majesté.

La Banque centrale européenne a décidé jeudi de laisser son principal taux directeur inchangé à 2 %, a annoncé l'un de ses porte-parole, conformément aux attentes. Après quatre baisses de taux consécutives, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, avait signalé son intention de faire une pause en février.

Entre octobre et janvier, le principal taux directeur, qui détermine le niveau du crédit en zone euro, est tombé de 4,25 % à 2 %, son plus bas niveau historique.

Cinquième baisse de taux d'affilée pour la Banque d'Angleterre

La Banque d'Angleterre avait, un peu plus tôt, abaissé son taux d'intérêt directeur d'un demi-point, à 1 %, un nouveau niveau inédit depuis la création de l'institution en 1694, afin d'affronter la récession dans laquelle est plongée le pays.

«L'économie mondiale est en proie à un ralentissement sévère et synchronisé, justifie le communiqué de la Bank of England. L'activité dans les économies développées est tombée nettement au quatrième trimestre de 2008, et la croissance dans les économies émergentes semble se contracter de façon marquée.»

Le comité de politique monétaire pointe également les difficultés dans lesquelles est engluée l'économie britannique : restriction du crédit pour les entreprises et les particuliers, baisse de la consommation, gel des embauches, etc. Selon les chiffres officiels, le produit intérieur brut s'est contracté au quatrième trimestre de 1,5 % par rapport au précédent, après déjà une contraction de 0,6 % au même troisième trimestre, faisant officiellement entrer la Grande-Bretagne en récession, laquelle est encore plus forte que ce que craignaient les économistes.

Il s'agit de la cinquième baisse d'affilée, la BoE ayant procédé à une baisse d'un demi-point en octobre, d'un point et demi en novembre, d'un point en décembre et d'un demi-point encore en janvier.

Comprendre l'affaire Madoff



Qui est Bernard Madoff ?

Le courtier au cœur du scandale était une légende de Wall Street, ainsi qu'une incarnation du rêve américain. Ce maître nageur à Long Island a créé son fonds d'investissement à l'âge de 22 ans, avec 5 000 dollars. Réputé intuitif, ultra-rapide mais aussi très "éthique", il avait fini par s'imposer dans la communauté financière. Au point de devenir président du Nasdaq, la prestigieuse Bourse des valeurs technologiques, de 1990 à 1991. Mondain, jovial, il parvenait à capter la confiance de ses futurs clients. Figure de la communauté juive new-yorkaise, le "génial" financier était très présent dans les activités caritatives et culturelles.Comment a-t-il escroqué ses clients ?

M. Madoff recevait par le biais de son fonds (Bernard Madoff Investment Securities) des capitaux à gérer, qu'il investissait dans des hedge funds (fonds d'investissement à risque), dont la performance était réputée supérieure à la moyenne. Lorsque la performance n'était pas au rendez-vous, au lieu de diminuer le rendement distribué aux investisseurs, il prenait tout simplement l'argent des nouveaux investisseurs et l'utilisait pour payer les anciens. De ce fait, il donnait l'impression d'une performance exceptionnelle, sur la base de laquelle il attirait de plus en plus d'investisseurs, mais année après année, il dilapidait le capital que ceux-ci lui avaient confié.

Quand la crise boursière éclate, nombre d'investisseurs veulent récupérer leur mise. Trop en même temps. M. Madoff ne peut pas rendre l'argent. Il fait part de la situation à son fils, qui prévient les autorités. Le 11 décembre, Bernard Madoff est arrêté par le FBI.Qui s'est laissé prendre ?

De riches particuliers, de grandes institutions financières (américaines, japonaises, suisses, espagnoles, françaises, britanniques...), des fondations comme celle du Prix Nobel Elie Wiesel ou du cinéaste Steven Spielberg figurent parmi les perdants. Certains de ces investisseurs ont directement confié leurs fonds à la société de M. Madoff. D'autres ont confié des sommes d'argent à des fonds d'investissement qui les ont placés chez M. Madoff.La banque espagnole Santander est la plus exposée à la fraude : elle risque de perdre 2,33 milliards d'euros. Côté français, Natixis évalue à 450 millions ses pertes potentielles, BNP Paribas à 350 millions, AXA à 100 millions, Dexia à 85 millions. Le Crédit agricole, Groupama et la Société générale enregistrent un préjudice de 10 millions d'euros.

En France toujours, l'Autorité des marchés financiers estime que les pertes des petits épargnants pourraient atteindre 40 millions d'euros. Selon le secrétaire général du régulateur boursier, Gérard Rameix, "une centaine de fonds français ont effectivement acheté des fonds Madoff". Mais aucun d'entre eux "n'a été distribué massivement dans le grand public en France", assure-t-il.Comment Bernard Madoff a-t-il échappé aux contrôles ?

La Securities & Exchange Commission (SEC, gendarme de la Bourse) est pointée du doigt pour ses graves défaillances. En huit ans, trois enquêtes ont été diligentées par le régulateur américain des marchés contre Bernard Madoff Investment Securities, sans que rien ne ressorte. En toute illégalité, la société n'était plus enregistrée auprès de la SEC depuis 2006, et son commissaire aux comptes était un minuscule cabinet de l'Etat de New York.

Autant de signes qui auraient dû mettre la puce à l'oreille, en plus des rendements exceptionnels et étrangement constants réalisés par le fonds d'investissement. Barack Obama, qui estime que les régulateurs "se sont endormis au volant", a d'ores et déjà annoncé le remplacement du président de la SEC.Où sont passés les 50 milliards de dollars ?

Quand Bernard Madoff a été démasqué, il a affirmé aux enquêteurs que son fonds a perdu 50 milliards de dollars (36,6 milliards d'euros).

Cet argent a été utilisé pour payer aux clients du fonds, pendant des années, le rendement promis. Avec la crise financière, la valeur des actifs détenus par M. Madoff pour le compte de ses clients a baissé dans des proportions gigantesques, donnant le coup de grâce à ce système frauduleux.

Bernard Madoff a gagné de l'argent grâce aux commissions perçues pour gérer les actifs de ses clients. Mais il n'a apparemment pas détourné de sommes supplémentaires, selon les premiers éléments de l'enquête, et n'aurait pas de magot caché. Il est aujourd'hui ruiné.