jeudi 10 décembre 2009

Prochaine crise financière mondiale : alerte des politiciens allemands


Dans les hautes sphères du milieu politique allemand, la crainte d’un second krach financier international, dépassant en intensité et en impact celui de l’automne 2008, augmente de jour en jour.

La chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, (tous deux de l’Union chrétienne-démocrate, CDU) ont mis en garde : la crise économique est loin d’être terminée. « Nous avons tout d’abord réussi à limiter les effets de la crise sur les gens, mais le plus dur est à venir, » a dit Merkel au cours d’une réunion du CDU.

L’énorme bulle spéculative qui s’est formée sur les marchés d’actions au cours de ces huit derniers mois, est considérée être le plus gros facteur de risque d’un nouveau krach. Les indices boursiers les plus importants, le Dow Jones, le Nikkei japonais et le DAX allemand, ont grimpé de 50 à 60 pour cent depuis mars. Les cours du pétrole brut, du cuivre et d’autres matières premières, ont plus que doublé. Ces énormes augmentations ne sont fondées sur aucune croissance économique correspondante. Au contraire : l’activité économique a chuté dans de nombreux pays et de nombreuses entreprises affichent encore des pertes.

Schäuble a comparé la présente crise financière, à la chute du Mur de Berlin vingt ans plus tôt. « La crise financière changera le monde aussi profondément que le fit la chute du Mur de Berlin. L’équilibre entre les États-Unis, l’Asie et l’Europe est en train de se déplacer radicalement, » a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag. Il a également appelé les banquiers à faire preuve de retenue dans le versement des bonus.

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a émis des craintes quant à un effondrement social en cas d’une nouvelle série de faillites bancaires. « Il est certainement trop tôt pour dire que la crise est finie, » a-t-il déclaré lors d’un congrès bancaire à Francfort, en ajoutant l’avertissement : « Nos démocraties n’accepteront pas une seconde fois de voler au secours de l’économie financière avec l’argent des contribuables. »

La montée des cours est due à la quantité énorme de liquidités que les gouvernements et les banques centrales ont injectée dans l’économie. Les institutions financières sont en mesure d’emprunter, à taux d’intérêt quasi zéro, des sommes d’argent illimitées auprès des banques centrales, et de réaliser ainsi des gains spéculatifs considérables. De même, les milliers de milliards provenant de l’argent des contribuables et qui ont été dépensés pour renflouer l’économie, ne sont pas utilisés pour des investissements, mais sont destinés à des activités spéculatives, à l’octroi de dividendes élevés aux actionnaires et au versement de bonus exorbitants aux banquiers.

« Les cours boursiers grimpent, parce que l’argent doit aller quelque part, et non pas parce que les actions en soi sont considérées comme attractives, » écrit l’hebdomadaire économique allemand Wirtschaftswoche, dans son analyse de l’actuel essor boursier. Selon le magazine, le price earning ratio (PER), le rapport du cours d’une action au bénéfice par action d’une entreprise d’un secteur donné, a atteint un maximum historique de 133. A partir d’un PER de 14 ou plus, l’on estime que les actions sont surévaluées.

Les conséquences de la crise font que des centaines de milliers de travailleurs, rien qu’aux États-Unis, perdent leur emploi tous les mois, que les travailleurs sont obligés de subir des pertes de salaires et que les programmes sociaux sont réduits à grande échelle. Dans le même temps, les orgies d’enrichissement, en haut de l’échelle sociale, ont atteint le même niveau qu’avant la crise, voire même un niveau bien supérieur.

Les grandes banques d’investissement et les fonds spéculatifs débourseront, cette année, plus de 100 milliards de dollars de bonus pour leur personnel. Goldman Sachs, la banque américaine, a mis de côté 17 milliards de dollars à cette fin. En Allemagne, les 30 plus grandes entreprises cotées au DAX projettent de transférer au printemps 2010 plus 20 milliards d’euros à leurs actionnaires. Ce qui représente 71 pour cent de leurs bénéfices nets. Lors de l’année record précédente, en 2007, ce chiffre avait seulement été de 45 pour cent. En conséquence, il en restera d’autant moins pour de nouveaux investissements.

Telle est la toile de fond des avertissements émis par Merkel, Schäuble et Trichet. Ils craignent que l’enrichissement impudent de l’oligarchie financière, en corrélation avec une nouvelle crise sur les marchés financiers, ne déclenche une rébellion sociale incontrôlable.

De nombreux analystes considèrent qu’un autre krach financier est inévitable. Le numéro de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel de cette semaine a annoncé en couverture en style bande dessinée un article intitulé: « La bombe à milliards. » L’article de douze pages commence en faisant remarquer que la question n’est pas de savoir si l’actuelle bulle boursière va éclater, mais plutôt quand cela va se produire…

S’ensuit un tableau dévastateur de l’état actuel de la société capitaliste : « En plein milieu d’une économie mondiale encore frappée par la crise, l’élite financière est à nouveau en train d’engranger des milliards, » peut-on lire dans l’article. « La vieille cupidité est de retour et les vieux hybrides aussi. » Jamais auparavant dans l’histoire économique moderne, « l’industrie financière n’avait eu droit à un accès aussi libre aux finances de l’État. » Der Spiegel met en garde expressément contre le « risque d’une hyperinflation, une dépréciation ultra rapide de la monnaie, comme l’avait connue l’Allemagne au début des années 1920. »

Parallèlement, en citant Adair Turner, le président de l’Autorité britannique des services financiers, l’article souligne les effets idéologiques de la crise. Il n’est pas seulement question d’une crise de banques individuelles, mais aussi d’une crise de « la pensée intellectuelle » : « Notre conception que les prix véhiculent d’importantes informations, que les marchés se comportent rationnellement en se corrigeant eux-mêmes en cas d’irrationalité, tout cela a été remis en question. »

Der Spiegel dirige sa principale attaque contre le gouvernement américain. « L’industrie financière, aux États-Unis, est régulée par l’industrie financière, et pas par le ministre des Finances [secrétaire au Trésor], » se plaint-il, en énumérant de nombreuses personnalités dont les carrières ont commencé dans la haute hiérarchie de banques, telles Goldman Sachs, pour les mener à des postes dans la haute hiérarchie du secrétariat au Trésor, ou dans le proche entourage du président Barack Obama, pour ensuite faire le parcours inverse. « Si l’on regarde les États-Unis avec la même froideur analytique que la Russie, » observe l’article en citant l’économiste américain James Galbraith, « l’on ne pourrait s’empêcher de parler du pouvoir d’un oligopole constitué de politiciens et de banquiers. Les puissants individus à Wall Street ou à Washington ne sont pas moins interconnectés que le sont le premier ministre Vladimir Poutine et les magnats industriels qui contrôlent l’empire russe des matières premières. »

Der Spiegel parle au nom de cette section de l’élite dirigeante allemande qui veut mettre fin, aussi vite que possible, aux mesures inflationnistes du financement de l’État et de la politique de l’argent bon marché, en plaidant au contraire pour une baisse de la taxe professionnelle et des économies budgétaires drastiques. Bien que ceci entraînerait un démantèlement substantiel des programmes sociaux et un accroissement à court terme du nombre de faillites bancaires et de licenciements, cela passe pour un moindre mal, par rapport à un soudain effondrement de l’économie et à ses conséquences sociales incalculables.

En essence, l’attitude de Der Spiegel correspond à celle du gouvernement de Berlin. La coalition sortante entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates avait déjà fait inscrire un « frein à l’endettement » dans la Constitution, peu de temps avant les élections législatives de septembre, qui oblige à présent le nouveau gouvernement à suivre la voie d’une politique d’austérité draconienne. Le nouvel endettement de l’État, qui s’élève actuellement à 86 milliards d’euros, doit être réduit à 10 milliards d’ici 2016. Le ministre des Finances Schäuble a souligné, à maintes reprises, vouloir appliquer le frein à l’endettement et respecter le pacte de stabilité de l’Union européenne limitant la dette publique à trois pour cent du Produit intérieur brut.

Mais, diverses pressions politiques intérieures et extérieures font que l’application de cette politique d’austérité sera retardée d’environ un an. La chancelière Merkel craint une érosion plus grande du soutien du CDU et la perte de sa majorité gouvernementale au Bundesrat (la chambre haute du parlement allemand), si elle appliquait immédiatement après les élections des coupes sociales. Au niveau international, il existe de sérieuses différences avec Washington et Londres, en matière de politique financière, qui avaient déjà provoqué des conflits lors du sommet du G20 à Pittsburgh.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont sacrifié une grande partie de leur base industrielle au secteur financier, ont beaucoup moins intérêt à une politique monétaire restrictive que l’Allemagne, dont l’économie d’exportation compte parmi les plus fortes du monde et qui redoute les effets d’un faible dollar sur sa compétitivité. La véhémence avec laquelle Der Spiegel attaque à présent le secteur financier américain, révèle l’acuité des tensions mutuelles, qui sont rarement abordées ouvertement.

Quelques idées de trading recommandées par Goldman Sachs pour 2010

Une des idées de trading consiste à vendre le forward starting variance swap Dec2010/Dec2011 sur le S&P 500 en ayant un objectif de 21 par rapport au niveau actuel de 28,20.

Selon Goldman Sachs, sur les niveaux actuels, les variance forward suggèrent que l’année 2010 serait aussi volatile que l’année 2009, alors que celle-ci a été la huitième année la plus volatile de l’histoire. Dans le même temps, les modèles de Goldman Sachs qui relient les analyses macroéconomiques à la volatilité des marchés actions, suggèrent que même en cas de lent redressement de l’économie, les volatilités devraient continuer à baisser. Alors que les volatilités à court terme demeurent relativement peu élevées, le skew positif de la structure par terme de la volatilité maintient des variance forward bien au dessus des niveaux sous lesquels elles devraient évoluer.

Une seconde idée de trading consiste à jouer le spread de crédit entre l’Espagne et l’Irlande. Goldman Sachs préconise de « shorter » la protection de crédit sur l’Irlande et d’acheter de la protection de crédit sur l’Espagne via les CDS 5 ans. Le spread cible est de 20 bps contre un écart actuel de 70.20 bps sur les CDS 5 ans.

Après une décennie de forte croissance, l’Espagne et l’Irlande ont été frappées par la même bulle immobilière. Goldman Sachs estime que grâce à une plus grande flexibilité de son marché de travail, l’Irlande est mieux armée que l’Espagne pour sortir plus rapidement de cette passe difficile. Selon la recherche de la banque américaine, les irlandais ont également montré plus de détermination que les espagnols à réduire leurs dépenses structurelles et la solution de « bad bank » choisie par l’Irlande pour nettoyer le bilan de ses banques parait plus rapide et plus efficace que l’approche choisie par l’Espagne.

Goldman Sachs recommande également un positionnement à la hausse sur les actions russes (RDXUSD) avec un objectif de 2,050 contre un niveau actuel de 1,645.9 ! La banque de Wall Street anticipe un redressement sensible du PIB russe qui pourrait passer de -9,5% en 2009 à +4,5% en 2010.

Par ailleurs, la forte exposition du marché russe au marché des commodities est susceptible de lui être très favorable avec un redressement des produits de cette classe d’actifs. D’autre part, les marchés russes ayant sous performé par rapport aux autres marchés émergents, la banque espère un phénomène de rattrapage et une hausse de 60% des revenus des sociétés russes.

Parmi les idées de trading sur devises, Goldman Sachs suggère d’être « long » sur la paire PLN/JPY, avec un objectif de 37,5 par rapport au niveau actuel de 32,1. La banque justifie cette stratégie par la solidité de la croissance polonaise tirée par un Zloty clairement sous-évalué, par une forte hausse des exportations ainsi que par une reprise en Allemagne. A l’opposé, la banque estime que le Yen est surévalué et que le nouveau gouvernement japonais inquiet des conséquences négatives de cette surévaluation devrait intervenir.

Dubaï, un empire sur le sable

A elles seules, les banques européennes auraient prêté 93 milliards de dollars à la cité-Etat.

La quasi-faillite de l'émirat marque la chute d'un modèle fondé sur la folie immobilière, l'hyperconsommation et le surendettement. Elle rappelle aussi que la crise n'est pas finie.

Les Dubaïotes vont devoir s'y faire : ils risquent de voir un peu plus rarement Kylie Minogue déambuler en robe moulante dans le fastueux hôtel Palm Atlantis, Paris Hilton faire bronzette sur les plages idylliques de Jumeira, ou Naomi Campbell célébrer en grande pompe son anniversaire dans un des hallucinants palaces de la cité-Etat.

Après quelques heures de panique financière, la semaine dernière, le carrosse de la princesse du désert est redevenu citrouille. En quasi-faillite, Dubaï, un des sept Emirats arabes unis, s'est montré incapable de rembourser les dettes - 59 milliards de dollars - accumulées par son principal conglomérat, Dubai World, qui a demandé un moratoire de six mois à ses créanciers. Plongeon des Bourses européennes, peur d'un effet domino sur les banques prêteuses : durant plusieurs heures, certains opérateurs ont cru revivre le cauchemar de Lehman Brothers, lorsque la planète finance s'est mise à trembler sur ses bases.

Le crash de l'émirat bling-bling, qui attirait en masse milliardaires russes, people californiens et ouvriers pakistanais, était pourtant prévisible. Le pays a construit une grande part de sa prospérité sur une gigantesque bulle immobilière : 40 % des mégagrues en activité dans le monde se trouvent concentrées dans cette bande de terre grande comme la Corse-du-Sud. Pendant des années, buildings futuristes, parcs d'attractions fantasmagoriques et centres commerciaux gigantesques surgissaient chaque jour des sables.

Les déboires de Dubaï font craindre d'autres faillites d'Etat

Comme toujours, le principe de réalité a fini par prendre sa revanche, brutalement. "Le marché immobilier de l'émirat est essentiellement spéculatif, témoigne un expatrié français. A partir de septembre 2008, les ventes sur plan se sont arrêtées, et les prix ont chuté de plus de 50 %." Aujourd'hui, l'émirat offre une image désolée, avec ses immeubles inachevés et ses nuées de grues immobiles.

Dubaï paie la folie des grandeurs de son émir-démiurge-architecte, le cheikh Mohammed al-Maktoum, qui a voulu que chaque nouvelle construction figure en bonne place dans le Livre des records. A l'image de Burj Dubai, la plus haute tour du monde (près de 1 kilomètre !) ou bien des Palm Islands, des îles artificielles prolongeant la côte de 100 kilomètres. La cité-Etat compte aussi le plus grand centre commercial du monde, le plus grand hôtel international... et même la plus grande station de ski couverte, dans un pays où la température dépasse parfois 50 degrés Celsius ! "Comme Dubaï dispose de ressources pétrolières et gazières limitées, il fallait trouver autre chose pour retenir l'attention du monde, et surtout des investisseurs", justifie ce même expatrié. Telle Schéhérazade, "Cheikh Mo", comme l'appellent les Occidentaux, avait chaque soir une histoire plus extraordinaire que celle de la veille à raconter à ses créanciers.

Les grandes banques internationales ont longtemps avalé ces contes de fées sans broncher. Au total, ce sont 93 milliards de dollars que les seuls établissements européens auraient prêtés aux Emirats arabes unis. Les plus impliqués sont les britanniques : HSBC est exposé à hauteur de 17 milliards de dollars, Standard Chartered, de 7,8 milliards. BNP Paribas est également concerné, pour 1,1 milliard de dollars. Des montants non négligeables, même si la secousse demeure finalement limitée.

Pour éviter une catastrophe, sauver le soldat Dubaï se révèle cependant incontournable. "L'émirat est "too big to fail" [trop gros pour qu'on le laisse faire faillite], analyse Razvan Petica, responsable de l'activité pays émergents chez Olympia Capital. On peut compter sur ses grands voisins, qui jouissent de la manne pétrolière, pour éviter une crise régionale." Le grand frère Abou Dhabi a déjà mis la main à la poche, alors que la Banque centrale des Emirats arabes unis a annoncé dimanche 29 novembre la mise à la disposition du pays de liquidités supplémentaires. Mais, en coulisses, palabres et négociations vont bon train. "Il est probable que l'aide apportée se traduise par une mise sous tutelle de Dubaï par Abou Dhabi", poursuit Razvan Petica.

Le crash ne sera pas non plus sans conséquences sur les économies occidentales : le pays est présent, via ses holdings, dans un grand nombre d'entreprises, des luxueux magasins new-yorkais Barneys au constructeur aéronautique EADS, qui compte également la compagnie aérienne de Dubaï, Emirates, parmi ses principaux clients.

Les déboires de l'émirat font surtout resurgir le spectre des faillites d'Etat, qui pourraient faire plonger l'économie mondiale dans une nouvelle zone de turbulences. Des pays comme la Grèce, l'Irlande ou l'Ukraine sont ainsi observés avec appréhension. "Après la crise financière et la crise économique, la crise des finances publiques pourrait constituer l'étape suivante, décrypte Pierre Cailleteau, chef économiste de Moody's. Mais les problèmes de Dubaï, qui demeure un cas très particulier, n'en sont pas forcément un signe avant-coureur." La secousse venue du Golfe devrait, selon toute probabilité, demeurer localisée. Pour tous ceux qui rêvaient de tourner la page, la chute de l'empire des sables n'en vient pas moins réveiller une crainte enfouie : et si la sortie de crise, elle aussi, n'avait été qu'un mirage ?

Les banques sont les plus grosses émettrices de gaz à effet de serre

C’est le résultat surprenant de l’étude « Entreprises et changement climatique » publiée cette semaine par le WWF et l’agence de notation extra-financière Vigeo. Les deux organismes soulignent la nécessité pour les entreprises françaises de prendre en compte l’ensemble de leurs émissions, directes et indirectes, afin de parvenir à une vraie politique environnementale.

Les banques et assurances, principales émettrices de gaz à effet de serre (GES) en France ? La conclusion du bilan du rapport « Entreprises et changement climatique » publié mardi par le WWF et Vigeo a de quoi interpeler.

«Tout le monde s’excite autour de ce résultat mais il est tout à fait normal compte tenu de la méthodologie employée. Nous avons pris en compte les émissions directes et indirectes de chaque secteur. Comme les banques et assurances financent pratiquement l’ensemble de l’économie, il est normal qu’elles arrivent en tête», souligne Julia Haake, directrice des partenariats entreprises au WWF.

Le reste du classement est plus attendu : dans l’ordre décroissant d’émissions de GES, on retrouve l’aéronautique civile, l’industrie pétrolière, celle du gaz naturel, la sidérurgie, la production d’électricité, l’automobile, la chimie, les matériaux de construction, la grande distribution et enfin le BTP.

Peu importe le classement

L’objectif du rapport n’est pas de stigmatiser tel ou tel secteur mais plutôt de définir quelles sont les pistes d’amélioration pour une économie plus sobre en carbone. Pour chaque secteur étudié, WWF et Vigeo effectuent un état des lieux des efforts réalisés et de ceux qu’il reste à faire.

«Les entreprises sont aujourd’hui focalisées sur leurs émissions directes sous prétexte qu’elles n’ont pas de marge de manœuvre sur les émissions induites, mais c’est faux. C’est précisément le but de notre rapport que de leur donner des pistes de réduction de ces émissions»,précise Julia Haake.

Par exemple, dans le secteur bancaire, le WWF a noué un partenariat avec les Caisses d’Epargne qui consiste en un « étiquetage carbone » des produits de la banque. Livrets d’épargne, OPCVM, assurance-vie ou prêt : l’intensité carbone de chaque produit peut-être calculée en fonction des activités qu’il finance.

Au final, selon Julia Haake, les entreprises doivent prendre en compte l’impact de leur activité en amont (choix des fournisseurs, énergie et ressources consommées, etc) et en aval (distribution, cycle de vie des produits, activités induites).

François Schott

vendredi 4 décembre 2009

Les pays européens ne doivent pas devenir esclaves de leur dette

Mercredi 2 décembre, les ministres des finances de l'Union européenne auront à se prononcer sur les recommandations de la Commission pour la réduction des déficits budgétaires dans treize Etats membres. Ces recommandations sont en totale harmonie avec l'engagement des leaders de l'Union à continuer d'aider l'économie à remonter la pente de la croissance, tout en planifiant le retrait des mesures exceptionnelles de crise, notamment le stimulus budgétaire.

Bien orchestrée, cette double stratégie, où l'année 2010 reste expansionniste pour l'ensemble de l'Union mais voit se développer simultanément des plans clairs et crédibles de réduction des déficits publics, nous permettra de soutenir la reprise économique à court terme avec la certitude que les finances publiques seront assainies dans les prochaines années et deviendront soutenables à long terme.

Le déficit budgétaire moyen de l'Union européenne devrait atteindre 6,9 % du PIB en 2009 et augmenter encore l'année prochaine avant d'amorcer une petite décrue en 2011, date à laquelle les mesures de relance devraient expirer pour la plus grande part. La dette publique, devrait, quant à elle, augmenter de plus de 20 points de pourcentage entre 2008 et 2011 pour atteindre près de 84 % du PIB.

Un des grands défis des prochaines années sera de ramener les finances publiques à un niveau soutenable, condition nécessaire pour augmenter le potentiel de croissance qui a été sévèrement et durablement affecté par la crise, afin de donner de l'élan à l'économie et de créer les emplois qui permettront de résorber rapidement un chômage croissant. Celui-ci devrait dépasser les 10 % dans l'UE en 2010, contre 6,7 % au deuxième trimestre de 2008.

La consolidation des finances publiques est indissociable de l'objectif de croissance. Il n'y aura pas de croissance forte, soutenable et équilibrée - comme le souhaitent les Européens et le G20 - si l'on n'enraye pas la spirale de la dette. Et l'on n'arrivera pas à réduire les déficits sans trouver où libérer de nouvelles sources d'activité économique. En ce sens, les objectifs de croissance et d'assainissement des finances publiques sont un seul et même combat.

L'existence de trajectoires claires, crédibles et coordonnées pour la consolidation des finances publiques rassurera les familles et les agents économiques, qui seront alors plus enclins à consommer et à investir. Les banques centrales, dans leur indépendance, seront aussi plus à même de maintenir une politique monétaire accommodante si elles ont confiance dans la stratégie de consolidation des finances publiques des membres de l'Union.

In fine, le choix auquel nous sommes confrontés est le suivant : regagner la maîtrise du budget ou devenir esclaves de la dette. La charge de la dette, dans certains Etats membres, est déjà le principal poste budgétaire ou est en passe de le devenir, devant les dépenses en éducation ou les ressources allouées à la recherche et à l'innovation, ce triangle vertueux de la connaissance qui est la meilleure voie pour stimuler la productivité, la compétitivité internationale et l'emploi.

L'application du pacte de stabilité et de croissance nous permettra d'ancrer l'anticipation d'un retour progressif à des finances saines. Elle nous permettra également de dégager les ressources publiques nécessaires pour promouvoir les activités innovantes et à fort potentiel de croissance comme les énergies renouvelables dans lesquelles l'Union peut aspirer à un rôle de leader.

Une stratégie claire et crédible, c'est une stratégie qui précise non seulement à quelle vitesse le déficit sera résorbé, mais aussi comment il le sera. Dans les Etats membres où les dépenses publiques sont déjà très élevées, dépassant 50 % de la richesse nationale, et où le taux d'imposition est également très supérieur à la moyenne de l'OCDE, l'effort devra venir essentiellement d'aménagements du côté de la dépense.

Mais en raison du trou budgétaire creusé par la crise économique et financière et du fait que les recettes de l'Etat ne retrouveront pas de sitôt les niveaux d'avant-crise, l'ajustement ne pourra pas, bien souvent, se faire uniquement en diminuant la dépense. Il importe, dans les deux cas, de protéger les couches de la société les plus défavorisées, ainsi que celles qui sont exposées à la crise et à la concurrence internationale, au moyen de politiques actives de formation et de recherche d'emploi, pour éviter que le chômage ne devienne chronique.

Les choix sont loin d'être faciles. Mais pour que la confiance revienne à court terme et remette la croissance fermement sur les rails, il nous faut une visibilité rassurante sur le moyen et le long terme. Il nous faut faire plus et mieux avec le même niveau de dépenses. L'expérience prouve qu'à un niveau de dépenses similaire les résultats atteints en matière d'éducation, par exemple, peuvent être différents entre Etats membres.

Je crois profondément que les trajectoires d'ajustement budgétaires proposées par la Commission début novembre sont adéquates, combinant l'ambition et le réalisme nécessaires en tenant compte des positions budgétaires individuelles de départ et des marges de manoeuvre respectives. Ce faisant, les recommandations soumises à la considération des ministres au prochain Ecofin permettent à certains de continuer à jouer le rôle de locomotives de la croissance, afin que d'autres prennent le chemin de la consolidation.

A travers ces recommandations, conjuguées à une stratégie de promotion de la croissance et de réformes, c'est de la coordination des politiques économiques qu'il s'agit en définitive, dans l'intérêt commun de l'Union et de ses citoyens.


Retour sur le krach obligataire de 1994

Nouvel élément à la rubrique simplement consacrée a la présentation d’articles TRADUITS en français issus du WALL STREET JOURNAL….Si comme moi vous appréciez un angle et un point de vue différents sur les marchés financiers et boursiers mondiaux vous y verrez la l’occasion d’enrichir et vos connaissances, et votre suivi des marchés et je vous le souhaite aussi une manière de booster ou de protéger vos investissements…et de vous assurer une retraite complémentaire, vous en aurez besoin….

Une inflation contenue. Un redémarrage de l’économie plutôt timide. Et des marchés convaincus que les taux d’intérêt ne sont pas près de remonter pour ne pas étouffer la reprise dans l’oeuf.

Cette fin d’année 2009 n’est pas sans présenter un certain nombre de similitudes avec le début de 1994, quand la Fed s’était lancée dans une série de tours de vis monétaires imprévus afin de contenir tout risque d’inflation, faisant des ravages sur les marchés obligataires mondiaux…..

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

La Fed a bien en mémoire ce triste précédent. Quelles sont les chances d’éviter cette fois-ci ce type de scénario?

Le krach obligataire de 1994 a pris la plupart des observateurs par surprise. Selon une enquête du Wall Street Journal réalisée en janvier 1994 auprès d’une douzaine de courtiers, les investisseurs tablaient alors sur un rendement de l’ordre de 5% à 7% de leurs obligations et sur une hausse limitée des taux de la Fed, car la croissance était alors trop faible pour alimenter l’inflation. En réalité, le rendement global des emprunts publics américains toutes maturités confondues a été négatif de 3,35% cette année-là, et les autres marchés obligataires ne se sont guère mieux comportés.

Rares sont ceux qui s’attendent aujourd’hui à une réaction d’une telle violence lors du débouclage des mesures de politique monétaire exceptionnellement accomodantes mises en place pour faire face à la crise financière.

Après tout, les marchés sont bien conscients du fait que ces mesures prendront fin un jour et les banques centrales ont d’ores et déjà donné quelques indications sur la forme que pourrait prendre le scénario de sortie.

Il y a aussi un autre précédent plus récent et plus rassurant: celui de 2004, qui a vu la Fed remonter progressivement ses taux d’intérêt de 1% à 5,25%, sans susciter de réelles tensions sur la partie longue de la courbe des taux.

Par ailleurs, les investisseurs ont déjà subi une forme de correction sur la partie longue de la courbe des taux, alors que le mouvement de fuite vers la qualité observé après la faillite de Lehman s’est graduellement estompé.

Depuis le début de l’année, le rendement de l’emprunt du Trésor américain à 10 ans a gagné 1,2 point de pourcentage.

De nouvelles hausses semblent probables.Citigroup estime que le rendement des emprunts du Trésor américains et de la zone euro pourrait s’apprécier de 0,45 à 0,50 point de pourcentage, tandis que celui des gilts britanniques pourrait gagner jusqu’à 0,75 point à la faveur du retrait des mesures d’assouplissement quantitatif. Dans le même temps, les investisseurs prennent des paris sur des rendements plus élevés, ce qui semble suggérer qu’ils ne sont pas aussi complaisants qu’ils ne l’étaient en 1994.

Malgré tout, la perspective de la fin des politiques d’assouplissement quantitatif et le retrait des mesures de liquidité exceptionnelles en faveur des banques suscitent l’incertitude. La partie courte de la courbe des taux semble la plus vulnérable.

Les banques centrales semblent déterminées à ne pas créer de mauvaises surprises. Les relèvements de taux devraient être signalés aux marchés longtemps à l’avance, contrairement à ce qui s’est passé en 1994.

Mais l’expérience douloureuse de 1994 montre que les marchés obligataires peuvent se tromper. L’abaissement d’une note de crédit, un sursaut de l’économie ou encore une perte de confiance dans les responsables politiques pourraient mettre le feu aux poudres.

Plutôt qu’un à épisode semblable à celui de 1994 ou de 2004, les investisseurs feraient bien de se préparer à une tendance durablement baissière sur les marchés obligataires, ce qui ne sera pas moins éprouvant.

-Richard Barley, The Wall Street Journal nov09

Les LBO face à la crise (Baromètre AFIC-Opinion Way)

L’AFIC vient de finaliser avec Opinion Way sa deuxième enquête auprès des sociétés de capitalinvestissement dont tout ou partie de l’activité porte sur le LBO. 86 sociétés membres de l’AFIC ont répondu à l’enquête, représentant 968 entreprises et 73 % des montants investis en LBO depuis 2003.


Quels enseignements peut-on tirer de cette enquête ?
Les résultats de l’enquête confirment et affinent les résultats de l’étude précédente, conduite en avril dernier : la grande majorité des entreprises sous LBO (77%), au 30 juin 2009, ne connaît pas de problème particulier. Sur les 23 % qui rencontrent des difficultés, soit 220 entreprises, il faut établir une distinction entre :
- 85 entreprises qui font face à leurs obligations de remboursement bien qu’elles ne parviennent pas à respecter un ou plusieurs « covenants » (1) des contrats de prêts,
- 118 entreprises qui ont pu négocier un nouvel échéancier de remboursement avec leurs banques
. 46 entreprises sans apports de fonds propres nouveaux
. 72 entreprises avec un soutien en fonds propres par les fonds d’investissement
- 17 entreprises qui font face à des difficultés non encore résolues, soit 1,8% des entreprises couverte par l’enquête.

On doit enfin noter que 14 sociétés, ont fait l’objet, depuis le 1er octobre 2008, d’une procédure collective entraînant la cessation de leur activité et leur sortie des portefeuilles.

Pour Jean-Louis de Bernardy Président de l’Afic « Ces résultats montrent que les fonds d’investissement et les banques créancières gèrent cette période difficile de manière particulièrement responsable, en privilégiant la sauvegarde des sociétés opérationnelles, comme l’Afic l’a préconisé dans son code de bonnes pratiques. Contrairement à certaines idées reçues, les entreprises sous LBO ne sont pas plus affectées par la crise économique que les autres et bénéficient par ailleurs, d’une forte mobilisation de l’ensemble de la profession. Par rapport aux résultats que nous avions présentés il y a 6 mois, nous pouvons maintenant nous appuyer sur un taux de réponse beaucoup plus conséquent. La situation peut-elle encore se détériorer ? Rien à ce stade ne le laisse penser, mais la situation demande que l’ensemble des acteurs continue de faire preuve de vigilance et s’implique avec détermination pour rechercher les meilleures solutions, en préservant l’entreprise sous-jacente et ses salariés. Je remercie l’ensemble des professionnels du capital-investissement qui se sont fortement mobilisés pour cette 2eme enquête, démontrant ainsi leur volonté de transparence.»

A propos de l’AFIC
Créée en 1984, l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC), avec plus de 280 membres actifs, regroupe l’ensemble des structures de Capital Investissement installées en France : Sociétés de Capital Risque (SCR), Fonds Communs de Placement à Risque (FCPR), Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI), Fonds d’Investissement de Proximité (FIP), sociétés de gestion, sociétés de conseil, fonds de fonds, sociétés d’investissement…. En outre, l’AFIC compte 200 membres associés issus de tous les métiers – avocats, experts-comptables et auditeurs, conseils, banquiers... – qui accompagnent et conseillent les investisseurs et les entrepreneurs dans le montage et la gestion de leurs partenariats.

L’AFIC, à travers sa mission de déontologie, de contrôle et de développement de pratiques de place est une des deux associations, reconnues par l’AMF, auxquelles les sociétés de capital investissement doivent adhérer dans le cadre de la procédure d’agrément en qualité de société de gestion. C’est la seule association professionnelle spécialisée sur le métier du Capital Investissement.

Outre les services qu’elle rend à ses adhérents (veille juridique, règlementaire et fiscale ; études économiques et statistiques ; formation ; développement et communication…), la vocation de l’AFIC est de fédérer, représenter et promouvoir la profession du Capital Investissement auprès des investisseurs institutionnels, des entrepreneurs, des leaders d’opinion et des pouvoirs publics. Elle contribue, dans le cadre d’un dialogue permanent, à l’amélioration du financement de l’économie, en particulier à destination des PME-PMI, à la stimulation de la croissance et la promotion de l’esprit d’entreprise.

En 2008, les membres de l’AFIC ont investi dans près de 1 600 entreprises. Avec plus de 20% du marché européen, l’industrie du Capital Investissement française se classe au 1er rang d’Europe Continentale et au 3ème rang mondial.
www.afic.asso.fr

(1) Un « covenant » est une clause des contrats de prêt au terme de laquelle l’entreprise prend vis-à-vis des prêteurs des engagements à caractère qualitatif, notamment de respecter certains ratios financiers. Lorsque les covenants ne sont pas respectés, les banques peuvent dans certains cas demander l’exigibilité anticipée du prêt.
En pratique elles examinent ces situations avec un grand pragmatisme et, si la rupture de covenant n’est pas le signe annonciateur de difficultés plus graves, accordent généralement une dérogation ou « waiver ».

Tunisie : La BCT poursuit ses efforts

L’environnement international a été marqué, au cours du mois de novembre 2009, par la poursuite de l’apparition d’indicateurs qui confirment la reprise de l’activité économique dans la majorité des pays industrialisés et l’amélioration de son rythme dans les pays émergents, notamment ceux asiatiques. Toutefois, les instances financières mondiales ont continué à insister sur la nécessité de poursuivre les plans de relance

et de soutien financier jusqu’au retour de l’économie mondiale à son rythme de croissance habituel, ainsi que d’engager les préparatifs et la programmation judicieuse pour retirer les mesures exceptionnelles prises au cours de la crise et rétablir les équilibres financiers et monétaires. En outre, les marchés des changes ont connu un accroissement de la demande sur les devises les plus rentables et les indices des principales bourses mondiales se sont améliorés. Egalement, les prix de la plupart des produits de base ont augmenté.
En ce qui concerne l’économie nationale, la production agricole a progressé, notamment pour les céréales et la production de l’arboriculture, et les secteurs énergétique et minier ont connu une reprise au cours de la même période. A l’inverse, l’indice de la production des industries manufacturières a diminué en comparaison avec l’année précédente, mais à un rythme moins accentué durant les derniers mois, et le secteur touristique a enregistré une certaine baisse au niveau des entrées et des nuitées globales.
Par ailleurs, la contraction des échanges commerciaux avec l’extérieur s’est poursuivie, sous l’effet du fléchissement de la demande extérieure et des prix sur les marchés mondiaux, sachant que les exportations des secteurs des industries mécaniques et électriques et du textile et habillement ont enregistré depuis le début du mois de juillet dernier une progression de 2,2% par rapport à la même période de l’année 2008.
Sur le plan monétaire, la masse monétaire M3 et les concours à l’économie se sont accrus, durant les dix premiers mois de l’année en cours, de 9,9% et 8,6%, respectivement, par rapport au mois de décembre 2008. L’excédent de liquidité sur le marché monétaire s’est poursuivi, au cours du mois de novembre 2009, et la Banque Centrale est intervenue pour réguler la liquidité bancaire. Le taux d’intérêt au jour le jour sur ce marché a fluctué entre 4,05% et 4,35% au cours de cette période, sachant que le taux d’intérêt du marché monétaire a atteint une moyenne de 4,22% en octobre.
Pour ce qui est de l’évolution du dinar sur le marché des changes, elle fait ressortir, depuis le début de l’année et jusqu’au 25 novembre courant, une appréciation de 2,8% vis-à-vis du dollar américain et une dépréciation de 3,1% par rapport à l’euro.
Concernant l’évolution des prix, le taux d’inflation a continué à être maîtrisé malgré certaines pressions durant les derniers mois, atteignant une moyenne de 3,6% pour les dix premiers mois de l’année en cours, contre 5,2% au titre de la même période de l’an passé.
A la lumière de ces évolutions, le Conseil d’Administration a décidé de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale, et a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour relancer l’activité économique, apporter le soutien aux entreprises et fournir le financement approprié à l’économie tout en préservant les équilibres financiers.

Les économies nord-américaines se relèveront lentement, prédit la Banque Scotia

TORONTO - Après avoir connu une croissance modeste au troisième trimestre, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, se dit confiant de voir l'économie canadienne prendre de la vitesse pendant le quatrième trimestre.

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LA PRESSE CANADIENNE /Adrian Wyld

M. Flaherty a indiqué croire mardi que l'économie démontrera plus de vigueur d'ici la fin de l'année et en 2010, faisant oublier la lenteur du redressement connu jusqu'à présent.

"Nous espérons voir la croissance se poursuivre à un rythme plus rapide (au quatrième trimestre), a déclaré le ministre à Toronto. Nous sommes certainement plus optimistes face à une croissance économique en 2010."

Les économistes s'accordent essentiellement pour dire que l'économie canadienne connaîtra une croissance à court terme, mais que cette reprise sera modeste au cours des prochains moins, au fur et à mesure que l'économie mondiale prendra du mieux.

"Au cours des six prochains mois nous serons en mode relance", a dit l'économiste en chef de la Banque Scotia (TSX:BNS), Warren Jestin, lors d'un entretien accordé en marge d'une conférence économique.

Il croit que les ajustements des stocks, surtout dans le secteur automobile, stimuleront la croissance alors que les entreprises augmenteront leur production.

"La production automobile reprend et les projets gouvernementaux débutent enfin. En général, ça devrait nous mener vers une autre phase de croissance soutenue, mais pas de croissance aussi robuste que ce qui était la norme auparavant", a dit M. Jestin.

Les experts précisent toutefois que l'économie entretient un équilibre précaire entre une reprise et une nouvelle récession.

M. Jestin a prédit que la croissance serait modeste au Canada au cours des deux prochaines années, atteignant environ 2,5 pour cent, pendant que des économies émergentes comme celles de la Chine et de l'Inde pourraient connaître une croissance de 7 ou même 9 pour cent.

Le marché du travail prendra aussi du mieux, croit-il, même s'il n'attend pas création nette d'emplois avant 2011.

Toutefois, une étude rendue publique mardi par la Banque CIBC démontre que les grandes villes canadiennes souffrent encore du ralentissement économique.

Le rapport ajoute que l'impulsion économique est à son plus bas niveau depuis 1991, 10 des 25 zones urbaines en importance du pays affichant une croissance négative.

"Sur une base annuelle, notre indice a continué d'indiquer une tendance à la baisse, en nous donnant quelques alertes précoces quant aux chiffres 'mous' du produit intérieur brut (PIB), a indiqué un économiste de la CIBC, Benjamin Tal. Après tout, plus des deux tiers du PIB canadien sont produits dans les grandes villes du Canada, de sorte que le sort de ces villes en dit long sur celui de l'économie."

Le document précise enfin que neuf des dix villes qui sont en territoire négatif sont situées en Ontario et au Québec, "ce qui traduit bien le caractère multidimensionnel des problèmes qui affligent ces deux provinces en raison de l'affaiblissement de leurs secteurs manufacturier et forestier, de la baisse de la demande à l'importation des États-Unis et de la vigueur du dollar canadien".

La zone euro et le FMI s'inquiètent de la surévaluation de l'euro

Les ministres des Finances de la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) se sont inquiétés mardi soir de la "surévaluation" de l'euro face aux autres grandes monnaies comme le yuan et le dollar, une situation qui risque de freiner la reprise économique en Europe.

Le constat a été dressé lors d'une réunion à Bruxelles entre le directeur du département Europe du FMI, Marek Belka, et les grands argentiers de la zone euro à Bruxelles.

"Nous sommes d'accord avec lui lorsqu'il dit que l'euro est surévalué et qu'un certain nombre d'ajustements sont souhaitables", a déclaré le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, devant la presse.

La monnaie unique évolue aujourd'hui au-dessus du seuil de 1,51 dollar, un élément de nature à peser sur les exportations des pays qui l'utilisent, et d'hypothéquer les chances de reprise économique après la grave récession qu'ils viennent de traverser.

Mardi soir, l'euro s'échangeait à 1,5110 dollar contre 1,5005 dollar lundi soir.

Un peu plus tôt dans la journée en France, le président Nicolas Sarkozy avait déploré la faiblesse du dollar par rapport à l'euro et critiqué indirectement le laissez-faire des autorités américaines.

"Je me reconnais comme un ami des Américains mais enfin on ne peut pas continuer comme ça avec un euro qui a augmenté de 50% de sa valeur par rapport au dollar (...) comment voulez-vous qu'on aille vendre des avions aux Etats-Unis ?", s'est exclamé M. Sarkozy.

"Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, il n'y avait qu'une seule grande puissance, les Etats-Unis. Il était normal qu'il n'y ait qu'une grande monnaie. Aujourd'hui, le monde est multipolaire. Le système doit être multimonétaire. On ne peut être soumis au diktat d'une seule monnaie dans le monde tel qu'il est", a-t-il ajouté.

Le faible niveau du yuan chinois, dicté par les autorités de Pékin, inquiète aussi de plus en plus les Européens.

M. Juncker a indiqué avoir fermement fait passer le message avec le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, dimanche lors d'une rencontre avec les responsable monétaires chinois, en marge d'un sommet UE-Chine à Nankin (Est).

"Nous avons expliqué à nos amis chinois (...) que nous souhaiterions une appréciation ordonnée et graduelle du yuan par rapport à l'euro", a-t-il dit.

"Nous estimons anormal qu'une économie (comme la Chine) qui se trouve en forte progression dévalue le cours de sa monnaie par rapport à une zone monétaire (la zone euro) dont les performances de croissance sont largement moins positives", a ajouté M. Juncker.

Il a toutefois reconnu que les Européens n'avaient pas pu convaincre. "Nos amis chinois ne voient pas de la même façon" la situation, a-t-il admis, reconnaissant que les discussions avaient été "franches".

Le yuan est maintenu arrimé depuis des années au dollar américain. Et à Nankin la Chine n'a laissé aucune ambiguïté sur le fait qu'elle entend rester maîtresse de sa police de taux de change afin de ne pas sacrifier sa croissance pour faire plaisir à ses partenaires commerciaux.

Cette rebuffade est intervenue dans un contexte commercial tendu entre la Chine, de plus en sûre d'elle même, et l'Europe. Pékin s'irrite des enquêtes et mesures antidumping ou anti-subventions visant ses industriels.

Crédit immobilier : les avantages de passer par un courtier immobilier

Acteur incontournable du monde de l’immobilier, le courtier immobilier a pour rôle principal de mettre en relation l’acquéreur d’un bien avec l’établissement bancaire qui lui proposera le meilleur taux pour son crédit immobilier. En réalité, il faut savoir que le champ d’action d’un courtier immobilier s’étend bien plus loin, afin de proposer aux acquéreurs d’un bien immobilier une véritable plus-value dans le cadre de leur recherche de financement.

Alors pourquoi choisir un courtier immobilier ? Quels sont les avantages à passer par de telles structures pour acquérir un crédit immobilier ? Et comment choisir un bon courtier immobilier ? Petit point sur la double utilité des courtiers immobiliers en ce contexte économique aux taux bas …

Premièrement, le courtier immobilier prend à sa charge toutes les démarches bancaires depuis la constitution du dossier jusqu’à la mise en relation avec la banque choisie, voire même ira jusqu’à accompagner l’acquéreur auprès du notaire pour la signature de l’acte de vente. Il apporte ainsi un véritable accompagnement personnalisé et surtout permet d’éviter à l’acquéreur toutes les démarches de prospection auprès des banques.

Par ailleurs, grâce à son statut de précepteur et grâce à son expertise dans le domaine de l’immobilier et de la négociation, le courtier immobilier est susceptible non seulement de mettre en concurrence les banques, mais aussi de négocier auprès d’elles. Ainsi, les taux proposés sont généralement bien plus intéressants que ce qu’une banque peut proposer en direct à un demandeur, l’économie pouvant s’élever de 15K€ jusqu’à 30K€ parfois !

Pour résumer, un bon courtier immobilier doit être capable d’apporter :

  • Un gain de temps. En mettant à contribution son réseau de partenaires financiers, le courtier épargne à l’acquéreur la phase de prospection très chronophage. De plus, par l’apport de son expertise et de ses conseils, la prise de décision s’en trouve accélérée.
  • Un gain financier. De par sa fonction première, le courtier immobilier comparera les offres de prêts émises par les banques et choisira la plus intéressante financièrement, en accord avec le projet. Par ailleurs, grâce aux relations qu’il entretient avec ses partenaires bancaires, un courtier saura négocier des « taux courtiers », voire même la gratuité des frais de dossiers, et autres.

Reste à trouver un bon courtier, et à lui faire confiance dans sa recherche du meilleur taux. Car démarcher les banques ou d’autres courtiers en parallèle ne pourra que le gêner dans sa négociation, dans la mesure où une banque, lorsqu’elle reçoit de plusieurs sources un même dossier (et les courtiers ont généralement recours aux mêmes banques !), va avoir tendance à traiter le premier entrant, diminuant ainsi le potentiel d’économie que pourrait vous proposer le courtier.

Premier Taux est une de ces sociétés de courtage qui met un point d’honneur à entretenir une neutralité complète vis à vis de ses partenaires bancaires. La qualité de ses relations avec chacun d’entre eux, son savoir-faire dans le domaine de l’immobilier et sa réactivité face à des demandes de financement souvent très urgentes lui permettent d’apporter à l’acquéreur d’un bien immobilier l’assurance d’un crédit immobilier au meilleur taux, et une qualité de service irréprochable.

"La France et l'Allemagne doivent défendre ensemble le pacte de stabilité"

Wolfgang Schäuble, le ministre des finances chrétien-démocrate (CDU) du nouveau gouvernement d'Angela Merkel, a tenu à souligner la convergence de vue de la France et de l'Allemagne sur les modalités de sortie de crise avant les réunions de l'Eurogroupe, mardi 1erdécembre, et des ministres des finances des Vingt-Sept, le lendemain.

"Les réflexions sont très proches de celles que nous avons en Allemagne. Nous devons renforcer la compétitivité de nos économies, en France, en Allemagne et en Europe en nous concentrant en particulier sur la recherche", a-t-il déclaré au Monde à propos du projet français de grand emprunt. Le nouveau gouvernement allemand de centre droit a fait le pari de relancer la croissance avec des baisses d'impôts. "Actuellement, tout le monde est d'accord pour dire qu'il est encore trop tôt pour songer à la rigueur", explique M. Schäuble. "Il est judicieux de stimuler la conjoncture aussi en 2010. C'est l'objectif de notre projet de loi pour soutenir la croissance, en examen au Parlement."

Actes symboliques

Pour ce choix, la coalition qui réunit les unions chrétiennes et les libéraux est critiquée par de nombreux Länder, qui s'inquiètent d'une réduction de leur marge budgétaire. M. Schäuble n'a néanmoins pas l'intention de céder : "Evidemment, la situation budgétaire n'est pas seulement difficile pour l'Etat fédéral, mais aussi pour les régions et les communes. Mais, dans notre système fédéral, l'Etat et les régions ont une responsabilité globale pour notre pays."

En même temps, le ministre se pose en bon élève et assure que l'Allemagne, "compte tenu des estimations conjoncturelles actuelles", parviendra à revenir sous la barre des 3 % de déficit d'ici à 2013. "Beaucoup d'indices laissent penser qu'il y aura une reprise de la conjoncture au milieu de l'année prochaine, si bien que nous pourrons en même temps que d'autres pays commencer à réduire nos déficits en 2011", assure M. Schäuble. Berlin doit également prendre en compte les exigences de la Loi fondamentale."Nous avons inscrit dans notre Constitution un mécanisme de frein à de nouveaux emprunts publics", souligne-t-il. Sur ce point, M. Schäuble semble vouloir lancer un discret avertissement à Paris : "Il est essentiel que la France et l'Allemagne défendent ensemble le pacte de stabilité et de croissance, qu'il soit valable et qu'il n'y ait pas de doutes quant à ses fonctions. Au-delà, sur le rôle de la Banque centrale européenne et la politique monétaire, les ministres des finances n'ont pas à faire de déclarations."

La coopération entre Paris et Berlin "doit rester très étroite, elle doit faire ses preuves chaque jour". Selon M. Schäuble, le conseil économique et financier franco-allemand, qui s'est tenu à Berlin, lundi 30 novembre, en est la meilleure illustration : les deux pays ont souligné qu'ils acceptaient et soutenaient le pacte européen de stabilité et de croissance. De plus, ils ont annoncé vouloir trouver des positions communes sur la coordination économique au sein de la zone euro et sur l'harmonisation fiscale au niveau de l'Union européenne. Mais, les actes symboliques sont tout aussi importants. "J'ai été très ému que la France célèbre les 20 ans de la chute du Mur sur la place de la Concorde", a-t-il confié. Interrogé sur l'idée française de créer un poste de ministre franco-allemand, M. Schäuble est resté discret : "Il y a actuellement des discussions entre les deux gouvernements concernant d'autres formes de rapprochement."

Parmi les principaux risques qui pèsent sur la conjoncture allemande dans les mois à venir, il cite la raréfaction du crédit. "Avec une reprise de la conjoncture, les entreprises risquent de se heurter aux difficultés des banques dont les bilans n'ont pas encore été nettoyés. Nous avons vu ce qui s'est passé à Dubaï la semaine dernière, personne ne s'y était attendu."

Cécile Calla

lundi 28 septembre 2009

CRISE FINANCIERE INTERNATIONALE Istanbul pour évaluer Washington

L’assemblée générale des Institutions de Bretton Woods a choisi cette année, les abords : au Nord de la mer Noire, à l’Ouest de la mer Egée et au Sud de la Méditerranée, pour se tenir. Istanbul en Turquie, pour avoir une première évaluation des mesures édictées à Washington le 26 avril dernier en ce qui concerne la décision d’un transfert de ressources réelles aux pays en développement comme les nôtres durement affectés par une crise exceptionnelle par son ampleur, la plus grave depuis la grande crise de 1929. Une crise de la finance globalisée qui a frappé d’abord les pays du centre du capitalisme mondial, mais qui s’est propagée sur tous les continents de la planète. Une crise multidimensionnelle : financière, économique, sociale, écologique, énergétique, géopolitique, nous apprend le Pr. Dominique PLIHO (Université Paris – Nord)

A cheval sur deux continents, au carrefour des axes Russie - Méditerranée et Balkans - Moyen-Orient, sur l’antique route de la soie, aujourd’hui sur le tracé d’oléoducs d’importance stratégique, la Turquie a toujours été un carrefour d’échanges économiques, culturels, religieux. Est-ce la raison pour laquelle, les institutions de Bretton Woods l’ont choisie cette année pour discuter de l’économie de la planète terre, évaluer leurs programmes et projets, mesurer les impacts de leurs décisions et orientations stratégiques, corriger les écarts, esquisser de nouvelles perspectives « globalisées » dans un monde globalisé affecté par la plus grave financière de son histoire depuis celle de 1929 ? Certainement. Istanbul devrait leur offrir occasion aussi de jauger les décisions de transfert réel de ressources à nos pays prises au printemps dernier à Washington ainsi que les impacts sur les frêles économies des pays pauvres et de ceux en voie d’émerger.

Certes, bien que la majorité des pays africains ne soient pas encore sur la voie pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l’Afrique a réalisé d’importants progrès au cours de la décennie précédente, construisant les fondements pour une forte croissance et la réduction de la pauvreté. Cette perspective plus optimiste est maintenant contrecarrée par des facteurs échappant au contrôle du continent. Alors que les effets initiaux de la crise financière ont tardé à se faire sentir en Afrique, l’impact apparaît désormais de façon claire. Il emporte avec lui entreprises, mines, emplois, revenus et moyens d’existence ; il s’agit en résumé d’une explosion totale de la crise. Pour la première fois depuis une décennie, la croissance par tête sera nulle. Cette note démontre les effets de la crise, et suggère les actions qui doivent être entreprises.

Le 26 avril dernier à Washington dans ce cadre, le Comité ministériel conjoint des Conseils des gouverneurs de la Banque mondiale (Bm) et du Fonds monétaire international (Fmi) réuni sur le transfert des ressources réelles aux pays en développement en arrive au constat ci-après : « L’économie mondiale s’est considérablement détériorée depuis notre dernière réunion. Cette évolution a des conséquences particulièrement graves dans les pays en développement où la crise financière et économique se transforme en catastrophe humaine et en désastre au plan du développement. Les progrès réalisés au prix de durs efforts en direction des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) sont maintenant compromis. La crise a déjà fait basculer dans une extrême pauvreté plus de 50 millions de personnes, surtout des femmes et des enfants. Nous devons atténuer son impact sur les pays en développement et faciliter la contribution de ces derniers à une reprise mondiale ».

Selon un communiqué rendu public aussitôt après la rencontre : le Groupe de la Banque mondiale et le Fmi « ont fait preuve d’esprit de décision et mené une action complémentaire pour aider les pays en développement à faire face à la crise, favoriser l’adoption de mesures anticycliques, et contribuer à combler un déficit de financement considérable, notamment en déployant des efforts pour relancer les flux de capitaux privés ». Selon le comité qui s’est félicité des engagements pris par les pays membres d’accroître les ressources du Fmi, « les institutions multilatérales ont besoin de ressources et de capacités pour pouvoir prévenir les crises ou y riposter de manière efficace ».

Il faudra faire cependant plus pendant que la crise suit son cours, note-t-il. Et les argentiers d’exiger « une suite concrète aux engagements que nous avons pris, notamment ceux formulés par les participants au récent Sommet de Londres, en prenant des mesures concertées et en dégageant des ressources supplémentaires. Nous demandons instamment à tous les bailleurs de fonds de concrétiser plus rapidement la promesse qu’ils ont faite d’accroître leur aide ; nous devons quant à nous, examiner la possibilité d’aller au-delà de nos engagements actuels ».

Dans ce cadre, ils disent accueillir avec satisfaction les efforts déployés par le Groupe de la Banque mondiale « pour assurer une riposte rapide à la crise tout en maintenant son attention sur les problèmes de développement à long terme, notamment ceux posés par le changement climatique, et la nécessité d’accélérer le rythme des progrès en direction des ODM ». Et prennent note du triplement escompté des financements de la BIRD pour l’exercice et du programme de décaissement rapide des fonds engagés au titre d’IDA-15. Nous donnons notre appui aux initiatives lancées par le Groupe de la Banque mondiale et encourageons une mise en œuvre rapide :

• Pour protéger les plus démunis, la Banque a mis en place le Mécanisme de financement en faveur des pays vulnérables, qui regroupe le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire et le nouveau Programme d’intervention rapide dans le secteur social. L’IFC a également créé le Mécanisme de renforcement de la micro-finance pour aider les emprunteurs pauvres.

• Pour relancer le financement du commerce, l’IFC a porté le montant de son Programme de financement du commerce mondial de 1 à 3 milliards de dollars, et elle a lancé le Programme de liquidités pour le commerce mondial, qui devrait fournir un appui au commerce à hauteur de 50 milliards de dollars au cours des trois prochaines années.

• Pour assurer la poursuite du développement de l’infrastructure et créer des emplois, la Banque a mis en place le Programme d’appui aux infrastructures existantes et nouvelles. La Banque prêtera jusqu’à 15 milliards de dollars par an au titre de projets d’infrastructure, et l’IFC a mis en place le Mécanisme d’appui à l’infrastructure en situation de crise.

• Pour fournir un soutien au secteur financier, l’IFC a mis en place un Fonds de recapitalisation qui permettra de fournir des capitaux supplémentaires aux banques des pays en développement. La MIGA a consenti des garanties au titre de prêts destinés à l’Europe de l’Est dont la couverture se chiffre à 500 millions de dollars.

Si pour le Comité ministériel conjoint des Conseils des gouverneurs de la Bm et du Fmi, un « grand nombre de ces initiatives sont conçues de manière à mobiliser des ressources supplémentaires auprès de sources publiques et privées ». Il n’en demande pas moins « instamment aux autorités nationales d’envisager d’accroître encore leur appui. Et à la Bm d’adapter en temps que de besoin ses politiques, ses instruments et ses stratégies sur la base des leçons tirées de cette crise ».

Le Comité réitère son appui aux efforts visant à exploiter de manière optimale le bilan de la BIRD en accordant des financements à hauteur de 100 millions de dollars sur trois ans. Étant donné que la reprise pourrait être lente, nous avons envisagé la possibilité d’avoir à déployer des ressources supplémentaires. Comme il a adjuré la Banque mondiale « d’examiner la capacité financière, et notamment l’adéquation du capital, de la BIRD et de l’IFC, ainsi que l’adéquation des ressources concessionnelles les destinées aux pays IDA ». Istanbul se fera certainement un devoir d’examiner cette question plus en détail lors des Assemblées annuelles 2009.

Pour le Comité en outre, la crise et la nécessité d’une vigoureuse riposte multilatérale témoignent encore plus clairement de la pertinence des efforts déployés pour accroître la voix et la participation des pays en développement et en transition dans la structure de gouvernance du Groupe de la Banque mondiale. C’est pourquoi, compte tenu de la décision prise, lors de notre dernière réunion, il apparaît nécessaire de demander au « Conseil de formuler des principes, des critères et des propositions pour la répartition du capital de la Banque », pour lequel, « nous sommes convenus d’intensifier les travaux relatifs à la deuxième phase de la réforme dans le but de parvenir à un accord d’ici les Réunions de printemps 2010. Il importe que tous les actionnaires participent à ces travaux dans le cadre d’un processus transparent, consultatif et solidaire ». De tout cela, évaluation devra être faite le 5 octobre à Istanbul ou le comité se réunit à nouveau.

mercredi 23 septembre 2009

La Finance Islamique pour les nuls

Alors que Paris Dauphine lance un Master 2 de finance islamique, que savons-nous vraiment de ce système ? Est-il une alternative efficace contre ce capitalisme barbare ? Contre la crise ?

"Nous adapterons notre environnement juridique pour que la stabilité et l’innovation de notre place financière puissent bénéficier à la finance islamique."

Voilà ce qu’a annoncé Mme Lagarde, le ministre de l’économie en novembre dernier. Ces propos qui ont dû faire frémir les Le Pen, de Villiers ou autres combattants anti-Islam ne sont que le prolongement d’un paradigme économique en pleine expansion.

En effet, ce modèle économique qui repose sur la « Charia » (texte de loi islamique) est en plein essor, notamment depuis que la crise a mis en lumière les failles du système bancaire et des crédits.

Pourquoi une finance Islamique différente de la finance conventionnelle ?

Cette finance née du Coran repose sur deux principes :

-L’interdiction de l’intérêt (riba) et de l’usure

-La responsabilité sociale de l’investissement et la notion d’intérêt général

La première interdiction découle du verset 27s de la 2e sourate du Coran : « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt ».

L’intérêt est donc prohibé et conséquemment, l’usure l’est aussi, car, fixé ex-ante, il est établi sans référence à ladite performance. Les textes islamiques s’attachent à ce que toutes transactions financières se fondent sur une activité économique réelle. C’est pourquoi la Charia autorise la prise de risque, mais interdit l’incertitude dans les termes d’une relation contractuelle ainsi que la spéculation.

Ainsi, le profit doit être encouragé, car, déterminé ex post, il exprime la performance réelle de l’entreprise.

Comment fonctionne le mécanisme économique ?

Les banques islamiques ont développé des mécanismes juridico-financiers qui reposent sur des concepts particuliers. Ceux-ci permettent à un promoteur de mener un projet grâce à des fonds avancés par des apporteurs de capitaux dont la clé de répartition des gains et des parties est fixée dans le contrat. Ces apporteurs de capitaux supportent entièrement les pertes, les promoteurs ne perdant que le fruit de leur travail.

Voici ci-dessous quelques mécanismes économiques islamiques :

Les instruments financiers principaux

Moudaraba : Un contrat entre le propriétaire du capital et l’entrepreneur. La banque confie une somme d’argent à l’entrepreneur pour l’investir, en contrepartie d’une part dans le bénéfice éventuel de l’affaire.

Moucharaka : Les deux parties signataires du contrat participent et au capital et à la gestion de l’affaire.

Les bénéfices sont répartis selon des ratios déterminés, tandis que les pertes sont supportées à hauteur de la participation de chacun

Mourabaha : Le client ordonne à la banque d’acquérir un bien particulier ; celle-ci lui revend le bien en question (devenu propriété de la banque), moyennant une marge bénéficiaire. Le paiement se fait comptant ou sur plusieurs échéances.

Ijara : Un contrat portant sur la mise à la disposition du client d’un bien ou d’un service en contrepartie d’une rémunération prédéfinie. Le client peut s’engager à acquérir le bien en question à terme.

Salam : Un contrat de vente avec livraison différée de la marchandise. La banque intervient comme acquéreur avec paiement comptant d’une marchandise qui lui sera délivrée à terme par le partenaire.

La Charia interdit en principe les transactions portant sur des biens inexistants au moment de la conclusion du contrat, mais l’exception a été faite pour le salam par nécessité, à condition que le prix, la date de livraison et les caractéristiques exactes de la marchandise soient connus d’avance.

Tels sont les principaux instruments utilisés en finance islamique. Concernant les frais que peut prélever la banque, ils ne sont valables en Islam que s’ils sont fixes, quel que soit le montant de la transaction, dans le but de couvrir les frais administratifs et autres.

D’autres formules de financement sont créées, mais sont normalement avalisées par un ensemble de savants.

Il est cependant clair que certaines banques collent l’étiquette « Halal » à des offres sans fondement islamique réel…

Cette interdiction d’intérêt n’est pas seulement réservée à la religion musulmane. On retrouve la même idée dans le christianisme à travers la théologie de Saint Thomas d’Aquin qui prolongeait l’enseignement d’Aristote selon lequel l’argent ne peut pas produire d’enfant. Le prélèvement d’intérêt étant caractérisé comme le moyen injuste d’accaparer le bien d’autrui.

Même si l’interdiction est très ancienne, la finance islamique est une construction contemporaine. qui voit véritablement le jour en 1963, en Egypte.

En Europe, c’est au Royaume-Uni que s’est développée la 1ère industrie de cette finance. En 2004, « L’Islamic Bank of Britain » a été agréée par les autorités britanniques. Certaines banques occidentales n’ont pas hésité à ouvrir dans le monde musulman des succursales où coexistent à la fois un guichet conventionnel et un autre islamique. En France, malgré le discours du ministre de l’économie, il n’y en a pas, mais seulement quelques opérations sur le marché des entreprises.

Quatre raisons peuvent expliquer l’expansion de cette finance depuis le milieu du XXème siècle :

-Le regain de vitalité de la religion musulmane

-La possibilité que donne aux musulmans, la finance islamique, de se démarquer de l’époque coloniale et d’utiliser leur propre système bancaire

-Le choc pétrolier de 1970 qui a touché ces pays

-La possibilité pour les banques de contrer certaines politiques économiques contraignantes

Le financement islamique est donc une redéfinition de la rationalité économique qui prend en compte dans le calcul économique non seulement l’intérêt individuel mais aussi une notion d’intérêt général. Contrairement aux présupposés, la philosophie de l’islam, tout comme la philosophie libérale, encourage l’esprit entrepreneurial, autorise la prise de risque et cautionne le profit.

Et face à notre crise économique actuelle ?

Certains économistes islamiques avancent l’idée qu’un système financier basé sur les principes de l’Islam, et notamment sur la prohibition de la riba (intérêt), aurait pu éviter certains des plus grands désastres financiers des 50 dernières années.

Dans la crise de "la dette" des pays émergents, ou dans l’explosion de l’endettement des ménages dans les pays anglo-saxons qui a mis plus d’une fois en difficulté leur système bancaire, une partie au moins de la responsabilité revient aux banques qui ont attribué des crédits facilement et sans beaucoup de discernement.

Dans un système financier basé sur le partage des profits et des risques, une telle situation ne pourrait se produire, car les investisseurs (en l’occurrence les banques) ont une forte incitation à mieux contrôler le développement de projet d’investissement.

Aujourd’hui la finance islamique représente 1000 milliards de dollars sur le marché mondial.

Il est incontestable qu’elle peut représenter une alternative au système conventionnelle, qui est pour beaucoup responsable de la crise actuelle, et ainsi se développer dans beaucoup plus de pays.

Pas étonnant alors que l’université Paris Dauphine lance en novembre, un master 2 d’économie « Charia-compatible » pour développer ce secteur encore trop peu méconnu, mais très prometteur.